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La Grande mosquée de Marseille : Le fantasme d'hier est réalité aujourd'hui

الشروق أونلاين
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La Grande mosquée de Marseille : Le fantasme d'hier est réalité aujourd'hui

L’idée d’une implantation d’une mosquée à Marseille ne date pas d’aujourd’hui. Déjà en 1937, un projet du même genre a vu le jour sous la Présidence du Maire de l’époque Henri Tasso avec pour objectif surtout la reconnaissance et l’honneur de la mémoire des soldats musulmans engagés pour la France et morts pour sa défense durant la 1e Guerre mondiale. Le projet devait être réalisé à Saint Charles, mais les surenchères nationalistes de la droite marseillaise forte en ces temps là, ont fait avorter le projet. En 1943, un autre projet fut mis en place dans le quartier de la Butte des Carmes. Projet immédiatement rejeté faute de consensus, puis réintroduit pour être proposé à la Porte d’Aix par Michel Carlini, sans succès encore une fois.

 

  • Depuis, s’en est suivie une longue attente, due principalement aux vicissitudes de l’histoire et à ses aléas politiques. Il fallut attendre 1989 pour voir Robert Vigouroux nouveau maire socialiste succédant à Gaston Defferre (qui ne s’était pas particulièrement intéressé au projet) rouvrir ce dossier et se positionner clairement pour une grande mosquée sous certaines conditions d’ailleurs. Celles là mêmes qui furent reprises en partie par Jean Claude Gaudin en 2OO9.
  • Aujourd’hui implanté aux anciens abattoirs dans le 15e arrondissement, cet équipement exceptionnel d’architecture ultra moderne de 54OO m2 situé au carrefour des grands axes de circulation va contribuer  aussi à donner toute sa vitalité aux Quartiers-Nord, des secteurs en pleine revitalisation qui abritent de nombreuses communautés sans  pour autant les éloigner de leur pratique religieuse, de leur vie sociale et culturelle dont Marseille.
  • La grande Mosquée de Marseille est aujourd’hui réalité grâce à JC Gaudin Maire  qui a pris ce projet à bras le corps et fait la promesse de le réaliser  si toutefois il trouverait un consensus général autour de celui-ci. C’est chose faite désormais depuis la pose de la 1ère pierre en mai dernier sur les terrains des anciens abattoirs de l St louis dans le 15 è arrondissement après de très longues concertations  avec les musulmans pratiquants de la ville, eux-mêmes devenus pour la cause à la fois promoteurs et acteurs du projet. Les  détracteurs de ce projet  quant à eux virent dans ce lieu un vrai manque de centralité urbaine en évoquant sans cesse et en permanence le financement .quand  on sait que l’argent est le nerf de la guerre. Le financement du projet a en effet posé problème   devenu une question urgente en l’état. De même que les   luttes de pouvoir qui se sont faites  voir ici et là à Marseille mettant en effervescence toute la communauté musulmane et à l’intérieur même des associations représentatives en l’occurrence(algériennes, marocaines, comoriennes, sénégalaises et autres)très  souvent elles mêmes pourvoyeuses de fonds. Restée en suspens jusqu’à l’inauguration officielle de la pose de la 1ère pierre en mai dernier, la question imminente, centrale et quasi essentielle : la gestion du projet  en lui-même.
  • Jusqu’alors, tout le monde s’accordait à dire que le Président de l’association Nourredine Cheikh allait continuer à mener à bien  et à son terme jusqu’en 2O12,  l’implantation de la mosquée avec bien entendu le soutien discret des autorités de la ville de Marseille qui le soutenaient un peu discrètement. Mais c’était sans compter sur la dernière assemblée générale  où tout a basculé en faveur de l’Imam Abderrahmane  Ghoul, candidat à la succession de N .Cheikh  qui a vu le vote de l’assemblé le porter par 15 voix contre 10 à la tête de l’association.
  • L’Imam A. Ghoul, soutenu en effet par Fatima Orsatelli, seule femme  membre du bureau, élue au Conseil Régional depuis mars 2O1O et proche de Michel Vauzelle, en même temps très engagée dans le projet mais aussi en charge de la trésorerie de l’association, aurait, selon les dires de nombreux membres, persuadé plusieurs  autres  de la mauvaise gestion de l’association, de son manque de transparence  et du fonctionnement aléatoire de l’assemblée générale, sous prétexte du manque de PV de réunions et aussi du manque flagrant de démocratie en son sein.
  • Mais c’est surtout sur un argument essentiel  que s’est porté ce choix, sous prétexte que l’Algérie  disposée à  mettre  près de  5millions d’euros de dons  pour le projet  pouvait se retirer  à tout instant à cause de cette rivalité Maroc- Algérie entretenue par certains membres dans les rouages des pouvoirs de l’association. D’où la déception   de nombreux adhérents et de la communauté musulmane  tout à fait compréhensible. A coté de ce malaise  se profile une autre critique plus forte mettant en cause la présence d’une élue de la République avec des pouvoirs   et  aux commandes des finances de l’associations .L’imam A. Ghoul à peine élu voit sa crédibilité déjà entamée face à ses adversaires, appelant dés à présent à un grand  rassemblement de tous autour de ce projet  mis en place et dont on attend la 1ère prière inaugurale en 2011. Reste en tous cas que ce projet nécessite d’ores et dé jà des financements externes en termes de dons importants car l’association selon  l’Imam Ghoul   ne disposerait  que de 300.000 euros et on sait qu’il faut dans l’urgence  au moins  3O millions d’euros.
  • Si l’islam aujourd’hui, par son réveil en France, apparait comme un des phénomènes importants de notre époque, que ce soit à Marseille, Lille, Paris,  Grenoble ou Lyon, ou même ailleurs, il n’en demeure pas moins qu’il reste lié à des évènements qui font malheureusement la une des médias et qui relèvent  toujours des mêmes causes : conflits internes de personnes, rivalités de communautés, relations bilatérales conflictuelles et souvent ambigües sur les financements là où il y a justement trop d’argent, trop souvent passionnelles, déformées, la plupart du temps, par des préjugés voire des malentendus hérités du passé. Pourtant, nul n’ignore le monde musulman et son apport à la société, avec sa culture, participant pleinement aux dialogues des civilisations,  mais aussi au système social, avec ses modes originaux de vie, de pensée ou simplement d’expression artistique. 
  • Le problème qui se pose à Marseille est lié à la diversité de sa communauté. Il peut être un modèle du genre quant à la construction elle-même de son projet, obtenant largement le consensus de la rue, des associations environnantes, des autorités municipales grâce à l’action du Maire en présence, très conciliateur et infiniment patient devant plus de 5OOO musulmans fidèles pratiquants, qui attendent tous de voir se dresser cette mosquée tant attendue depuis des années durant, au prix de tant et de tant de controverses. 
  • D‘ici là, l’Islam des caves aura certainement disparu et cette culture aura au moins le mérite d’être plus lisible, plus visible, car la seule vocation d’une mosquée à l’instar d’autres, comme à Rome ou à Londres, est avant tout de montrer l’unisson d’une prière qui peut être aussi effectuée partout ailleurs et même chez soi.
  • La mosquée, lieu de culte, de culture et de pensée, doit rester un  symbole d’abord cultuel et culturel à la fois. A la différence des autres religions, l’Islam a plus besoin d’e redorer son blason du point de vue civique, avec cette grande idée “de mieux vivre ensemble en paix avec les autres, mais aussi avec soi même”.
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