La grève de la faim, nouvelle arme des détenus palestiniens d'Israël
L’exemple de Khader Adnane, un prisonnier palestinien qui a obtenu de la justice israélienne après 66 jours de grève de la faim l’assurance d’être libéré, inspire nombre de ses codétenus, qui luttent avec leur “estomacs vides”.
Outre Hanaa Chalabi, en grève de la faim depuis 39 jours, une trentaine de détenus palestiniens d’Israël, dont un député du Hamas, sont en grève de la faim, selon le Club des prisonniers palestiniens, une vingtaine, d’après la porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman.
“Des consultations sont en cours dans les prisons de l’occupation, et bien qu’une grève de la faim soit toujours individuelle, il y aura une grande grève de la faim dans différentes prisons dans les deux mois à venir”, affirme à l’AFP le président du Club des prisonniers, Qaddoura Farès.
“Les prisonniers utilisent l’arme des +estomacs vides+ après le renforcement de la répression et en l’absence de canaux de dialogue avec la partie israélienne ou de négociations avec l’Autorité palestinienne pour améliorer leurs conditions”, explique-t-il.
Le modèle des détenus palestiniens, dit-on dans leur entourage, est la longue et impitoyable grève de la faim des prisonniers républicains d’Irlande du Nord au début des années 1980 (10 morts, dont Bobby Sands).
C’est Khader Adnane qui détient le record de la plus longue grève de la faim de l’histoire du conflit israélo-palestinien. Agé de 33 ans, il a mis fin le 21 février à 66 jours de grève observée pour protester contre sa détention sans inculpation, après la décision d’Israël de le libérer le 17 avril.
Selon M. Farès, l’amélioration espérée après l’échange de 1.027 prisonniers palestiniens dont 27 femmes, contre la libération en octobre du soldat israélien Gilad Shalit ne s’est pas matérialisée.
Depuis, “les conditions de détention n’ont pas changé. Au contraire, elles ont empiré”, assure-t-il. Hanaa Chalabi, arrêtée le 16 février en Cisjordanie et hospitalisée d’urgence cette semaine, faisait partie des 27 femmes relâchées dans cet échange, après plus de deux ans de détention sans jugement.
Par sa grève de la faim, elle entend protester contre son maintien en détention administrative et les violences qu’elle dit avoir subies pendant son arrestation.
Les détenus réclament principalement la fin de l’isolement carcéral et l’annulation de la détention administrative, mesure héritée du mandat britannique sur la Palestine qui permet de garder en prison sans jugement des suspects pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois.