La manifestation de la CNDDC avortée par un impressionnant dispositif de sécurité
Un impressionnant dispositif de sécurité mis en place devant la Grande-Poste à Alger a empêché la manifestation à laquelle a appelée le Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC), où plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés, dont le coordinateur de wilaya, Tarek Mâmmeri, tandis que une foule nombreuse a battu le pavé dans plusieurs wilayas du pays.
En guise de réaction au dispositif sécuritaire mis en place, le coordinateur du CNDDC, Tahar Bellabès a fait porter l’entière responsabilité au pouvoir en l’accusant d’avoir encerclé et intimidé les contestataires.Ayant voulu faire de cette manifestation une occasion pour faire entendre leurs voix, les jeunes chômeurs s’étaient retrouvés face un impressionnant dispositif de sécurité empêché dès les premières heures pour sillonner les rues de la capitale et empêcher cette action d’avoir lieu.En se rendant sur la Grande-Poste, Echorouk a constaté une présence peu nombreuse de jeunes par rapport au bon nombre d’éléments de force antiémeute mobilisés. Ces derniers ont procédé d’emblée à l’arrestation des dizaines de manifestants, dont le coordinateur de la wilaya d’Alger, Tarek Mammeri.Dans la wilaya de Djelfa, de nombreux jeunes chômeurs ont défilé dans la place Mohamed Boudiaf sous les regards des forces de sécurité présentes sur les lieux. Les contestataires ont scandé des slogans dénonçant la marginalisation des jeunes, dont certains ont dénoncé le fait que leur wilaya ne bénéficie pas de grands projets de développement en affirmant dans un communiqué dont Echorouk détient une copie, que leur action de contestation était pacifique et manifeste leur ras-le-bol face à leurs situations déplorables. En revanche, les jeunes des wilayas de Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou n’ont pas répondu favorablement à l’appel lancé par le CNDDC. Pour cause, certains avancent que cela est dû à l’inexistence de coordinateurs dans ces wilayas.Idem pour les wilayas de l’est du pays, à l’image de Annaba et de Oum El Bouaghi qui n’ont pas enregistré d’action de manifestation. A El Bayadh, des dizaines de jeunes ont manifesté et interpellé le directeur général de Sonatrach à employer les jeunes de la région, et interpellé le wali à respecter ses engagements qu’il a pris lors de sa visite effectuée dans la commune de Ouled Sidi Cheikh et offrir d’emplois aux jeunes de la région confrontés au chômage.A El Oued, une dizaine de jeunes a timidement répondu à cet appel. Les manifestants, peu nombreux qu’ils soient, ont scandé des slogans dénonçant la «hogra et la corruption» et appelé à traduire en justice les responsables impliqués dans les affaires de corruption ayant éclaboussé Sonatrach.Dans la wilaya de Ouargla, quelque 600 jeunes chômeurs ont tenu à répondre à l’appel du CNDDC pour tenir une manifestation de colère. Mais la mobilisation des éléments de sûreté était si impressionnante que celle des manifestants, dont le coordinateur national du Comité, Tahar Bellabès a expliqué l’échec de la manifestation par «l’oppression et l’intimidation» du pouvoir qui a empêché, selon lui, plusieurs jeunes de prendre part à cette action. Lors de sa prise de parole, Tahar Belabbès a accusé les autorités du pays d’avoir confisqué les libertés publiques et individuelles et avoir tourné le dos aux doléances des jeunes chômeurs. De plus, il a dénoncé la non-tenue du gouvernement Sellal de ses promesses et les pratiques de l’appareil de justice qui, à ses yeux, emploie toutes formes de répression contre les voix qui s’élèvent pour réclamer leurs droits. A Ghardaïa, des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le siège de la commune de Ghardaïa en réitérant leurs revendications qu’ils ont qualifiées de légitimes.