La «phrase» de Sellal qui «tue» le Maroc
Il semble que Rabat a du mal à digérer les conclusions du dernier sommet africain, tenu à Johannesburg (Afrique du Sud), notamment la déclaration du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, au sujet de la décolonisation du Sahara occidental.
Une déclaration qui n’est pas du goût du royaume chérifien qui a ordonné à sa diplomatie de revenir à la charge en lançant une nouvelle campagne de dénigrement contre l’Algérie.
Dans le même sillage, les autorités marocaines n’ont pu trouver d’allié que le Togo pour s’en prendre à l’Algérie et l’Union africaine, après les propos du Premier ministre, Abdelmalek Sellal: «Le Sahara occidental souffre des affres du colonialisme d’une autre ère».
De son côté, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salah-eddine Mezouar a accusé mercredi, lors d’une réunion avec son homologue togolais, l’Algérie d’«utiliser l’Union africaine pour porter atteinte au Maroc», prétendant que «tout le monde a assisté à un scandale lors de la réunion de l’UA». Et c’est en représailles à la déclaration de Sellal, à l’ouverture du sommet africain, dans laquelle il a traité le Maroc de colonisateur d’une autre ère.
Le ministre marocain a tenu lui-aussi à rappeler la visite de son homologue togolais, l’annonce d’ouverture à Rabat d’une ambassade du Togo et le soutien de ce pays à la solution de l’autonomie du Sahara occidental. Pour lui, les propos du chef de la diplomatie togolaise sont conçus comme étant un succès patent de son pays sur la question du Sahara occidental.
En effet, Mezouar semble oublier que la majorité des Etats de l’Union africaine, la haute instance politique du continent, s’opposent à l’attitude marocaine et prônent la question de décolonisation du Sahara occidental.
Par ailleurs, il a tenté de minimiser les conclusions sur lesquelles se sont mis d’accord les Etats de l’UA à l’issue du sommet de Johannesburg.
Pour convaincre l’opinion publique de son pays, Salah-eddine Mezouar s’est forcé de trouver des excuses après le coup dur reçu lors de la réunion de Johannesburg, soulignant que les décisions qui y sont prises sont imposées au continent africain par une poignée d’incitateurs qui ne vaut rien, d’après lui.