La Russie dénonce les sanctions unilatérales européennes contre l'Iran
La Russie a dénoncé lundi les sanctions unilatérales contre l'Iran, jugeant que l'introduction par l'Union européenne d'un embargo pétrolier était erronée et relevait d'un diktat. Les sanctions unilatérales ne font pas avancer les choses, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov cité par les agences russes.
Les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord lundi pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l’Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale, afin d’assécher le financement de son programme nucléaire. Moscou a accueilli cette nouvelle avec regret et préoccupation, a déclaré dans la soirée le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Il est évident qu’il s’agit d’une pression non dissimulée, d’un diktat, d’une volonté de punir l’Iran pour son comportement intransigeant, ajoute le communiqué. C’est une politique profondément erronée, conclut le ministère. Si on a mis en place au sein du Conseil de sécurité de l’ONU des sanctions collectives, il faut que tout le monde respecte ces décisions sans rien ajouter ni soustraire, a pour sa part souligné le chef de la diplomatie russe. Nous allons faire en sorte que toutes les parties s’abstiennent de prendre des décisions brusques et que les négociations reprennent, a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie russe a estimé qu’il existait toujours des possibilités de dialogue avec Téhéran. De telles possibilités existent malgré le fait qu’une série de mesures aient été prises, notamment par le directeur de l’AIEA qui avait conclu sans aucun fondement que le programme nucléaire iranien avait une dimension militaire, a souligné M. Lavrov.
Dans un rapport publié en novembre, l’AIEA avait notamment évoqué l’existence d’un conteneur en acier de la taille d’un bus destiné aux tests d’explosifs, visible sur des photos satellites dans un site non loin de Téhéran, et des travaux d’élaboration d’armements, notamment comment armer un missile Shebab-3, capable d’atteindre Israël, avec une tête nucléaire. L’Iran avait rejeté les conclusions du rapport en insistant sur le fait que son programme avait un caractère exclusivement civil. Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours nié. La Russie, qui a jusqu’ici souscrit à quatre séries de sanctions du Conseil de sécurité contre l’Iran, a fait savoir tout comme la Chine qu’elle s’opposait à de nouvelles sanctions. Moscou estime que les sanctions européennes et américaines contre la République islamique ont pour but de faire échouer de nouveaux pourparlers internationaux sur le programme nucléaire iranien.