La Turquie va prendre des sanctions et voter à l'Onu contre la Syrie
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé à Pretoria mardi que son pays était prêt à soutenir une résolution de l'Onu condamnant la répression en Syrie, et prendre rapidement des sanctions contre le régime de Damas.
On ne peut pas rester en spectateur face à ce qui se passe en Syrie. On tue des innocents et des gens sans défense. On ne peut pas dire: laissons les choses continuer comme cela, a-t-il déclaré devant la presse lors d’une visite officielle en Afrique du sud. Le projet de résolution devant le Conseil (de sécurité de l’Onu) est de nature à envoyer un avertissement, a poursuivi Erdogan: Nous espérons une issue positive de ce vote, et qu’il y aura ensuite d’autres discussions sur les mesures à prendre. Les Européens ont proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité déclarant inacceptable la répression contre les manifestants syriens qui réclament des réformes démocratiques. Nous annoncerons un calendrier de sanctions après une visite à Hatay (sud), a ajouté Erdogan. Il a précisé qu’il se rendrait ce week-end ou la semaine prochaine dans cette ville proche de la frontière syrienne où des milliers de réfugiés syriens fuyant la répression sont hébergés dans des camps de toile. Nous avons déjà annoncé certaines mesures qui ne peuvent attendre, a-t-il précisé. La Turquie a arraisonné le mois dernier un cargo qui transportait des armes pour la Syrie et a annoncé qu’elle ferait de même pour toutes les cargaisons d’armes destinées à ce pays. Erdogan, qui entretenait jadis des liens d’amitié avec le Président Bachar al-Assad, condamne aujourd’hui ouvertement le régime de Damas et la répression contre les manifestants anti-gouvernementaux en Syrie, qui a fait quelque 2.700 morts, selon les Nations Unies. La Turquie accueille en outre régulièrement des réunions d’opposants syriens. L’Afrique du Sud, où Erdogan effectue une visite officielle, siège actuellement au Conseil de sécurité de l’ONU, comme membre non permanent, et a joint sa voix à celle de l’Inde et du Brésil en août pour exiger la fin des violences.