Lagarde officialise sa candidature à la tête du FMI
La ministre française de l' Économie et des Finances, Christine Lagarde, a officiellement annoncé mercredi sa candidature à la direction générale du Fonds monétaire international, un poste vacant depuis la démission de Dominique Strauss-Kahn, accusé à New York de crimes sexuels.
Une annonce faite lors d’une conférence de presse à Bercy, à la veille du G8 de Deauville où la France sollicitera l’adoubement des Américains. La ministre a déclaré avoir « la conscience parfaitement tranquille » dans l’affaire Tapie, où elle pourrait faire l’objet d’une enquête pour abus d’autorité en raison de son rôle dans l’arbitrage rendu en faveur de l’homme d’affaires. Le FMI prévoit de désigner d’ici à la fin juin le nouveau directeur général. Les candidatures peuvent être déposées depuis lundi et jusqu’au 10 juin. « J’ai décidé de présenter ma candidature à la direction générale du Fonds monétaire international », a déclaré Christine Lagarde lors d’une conférence de presse à son ministère. Et de préciser qu’elle « maintiendra » sa candidature au FMI même en cas d’enquête. Christine Lagarde, par ailleurs, s’est « engagée » à « respecter » la durée du mandat des directeurs généraux du FMI, si elle était élue à la tête de cette institution, soit cinq ans. « Il faut que le temps soit donné à celui ou celle qui va prendre la direction de l’institution », a-t-elle expliqué. « Donc, pour faire très simple, ça n’est pas pour les 18 mois qui restent, mais je crois plutôt pour une période d’au maximum cinq ans telle que déterminée par le conseil d’administration du FMI », a-t-elle ajouté.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé dans la foulée soutenir « pleinement » la candidature de la Française Christine Lagarde. En fin de semaine dernière, dans la foulée de la démission du directeur général du Fonds monétaire international accusé à New York de crimes sexuels, les Européens avaient multiplié les soutiens en faveur de la Française. Berlin, Londres et Rome ont appuyé son éventuelle candidature. « Lagarde est quasiment intronisée » au niveau de l’Union européenne (UE), affirmait même vendredi dernier une source européenne, prédisant « un signal » dès le sommet de Deauville. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a aussi laissé entendre mercredi que « dans la conjoncture actuelle » de crise de la dette dans la zone euro, la Française était la mieux placée. Jusqu’ici, les États-Unis, dont le soutien est crucial, et le Japon ne l’ont toutefois pas publiquement adoubée. Le sommet de Deauville sera l’occasion pour le pays hôte de sonder leurs intentions.