L’Algérie évacue son personnel diplomatique du Yémen
En raison du chaos dans lequel s’enfonce le Yémen, les autorités algériennes ont évacué le personnel de leur représentation diplomatique à Sanaa, leurs ressortissants et ceux de certains pays arabes.
L’Algérie anticipe ainsi les choses et tente d’éviter une éventuelle réédition du triste scénario d’avril 2012, lorsque les membres du consulat d’Algérie à Gao (nord Mali) ont été pris en otage et celui de Bagdad en 2005…
Il semble que les autorités algériennes aient tiré des enseignements des événements tragiques survenus, notamment en Irak, lorsque deux éminents diplomates algériens ont été assassinés par Al-Qaïda. Il s’agit de Ali Belaroussi et Azeddine Belkadi. Sept ans plus tard (2012), la représentation algérienne a été de nouveau prise pour cible à Gao par les éléments du Mujao. Deux diplomates ont été tués. Tahar Touati a été décapité, tandis que le consul est décédé des suites d’une maladie aux mains de ses ravisseurs. Les quatre autres ont été, rappelons-le, relâchés.
Bien que la situation qui plane aujourd’hui sur le Yémen soit différente de celle de Gao, le ministère des Affaires étrangères semble éprouver des remords, suite à la perte de diplomates dans des conditions dramatiques eux qui devaient être rapatriés d’urgence avant que l’irréparable ne se produise suite aux combats qui faisaient rage au nord du Mali. Hélas ! Selon ces derniers, ils avaient dû y rester, contre leur gré à Gao, à la demande de la diplomatie algérienne. De ce fait, ce département a eu d’une manière ou d’une autre la responsabilité du sort réservé à son personnel.
En Libye, l’Algérie a dépêché pour la première fois une force militaire en dehors de ses bases (frontières) pour évacuer son personnel diplomatique après une tentative de kidnapping du consul d’Algérie et 50 autres personnes qui l’accompagnaient.
Le ministère des Affaires étrangères a affirmé dans un communiqué le rapatriement, dans le cadre d’une opération humanitaire, de ressortissants algériens et maghrébins du Yémen à cause de la détérioration des conditions de sécurité. Au total, 277 ressortissants ont été rapatriés en Algérie, dont 160 Algériens, 40 Tunisiens, 15 Mauritaniens, 8 Libyens, 3 Marocains (une femme et ses deux enfants) et un Palestinien.