Le garde des Sceaux juge “insupportables” les propos de Houellebecq sur les musulmans
Le garde des Sceaux français Éric Dupond-Moretti a jugé “insupportables” et “contraires à ses valeurs” les propos du romancier Michel Houellebecq dans lesquels il traite les musulmans de “voleurs”.
Dans une interview, l’écrivain présentait les musulmans comme une menace pour la sécurité des Français non musulmans. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris avait annoncé son intention de porter plainte, avant de renoncer aux poursuites, après des “regrets” exprimés par le romancier.
“C’est parce que l’action en justice est suspendue que je peux m’exprimer”. Invité de BFM Politique ce dimanche, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti est revenu sur les propos polémiques de l’écrivain Michel Houellebecq, contre les musulmans.
Dans une interview, l’auteur du roman Soumission présentait les musulmans comme une menace pour la sécurité des Français non musulmans. “Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent”, y affirmait Michel Houellebecq. Il prédisait également des futurs “Bataclan à l’envers” à l’égard des musulmans, en référence aux attentats jihadistes du 13 novembre 2015.
“La banalité du mal”
Pour le garde des Sceaux, “on a banalisé ce type de propos”. “Il y a 15 ans, on serait tous monté en première ligne pour les dénoncer. On s’est habitué à ça. C’est ce qu’Hannah Arendt appelait la banalité du mal”, a-t-il fustigé.
Et d’ajouter: “Dire que les musulmans ne sont pas des Français comme les autres, c’est insupportable. Dire qu’ils sont des voleurs… Tout ça génère la haine, c’est contraire à toutes les valeurs qui sont les miennes”, a rapporté BFMTV.
Après la parution de l’interview, la Grande Mosquée de Paris avait dénoncé des propos “d’une brutalité sidérante” et avait assuré avoir déposé plainte contre l’écrivain “devant le procureur de la République” avant de décider de renoncer quelque temps plus tard.
Chems-Eddine Hafiz retire sa plainte contre l’écrivain français Michel Houellebecq
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Chems-Eddine Hafiz a confirmé « renoncer aux poursuites judiciaires » à l’encontre de Michel Houellebecq qui a tenu des propos polémiques envers l’Islam et les musulmans qu’il traite de “voleurs” et d'”agresseurs” et “incitation à la haine et à la violence”.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris avait annoncé jeudi dernier avoir déposé plainte contre Michel Houellebecq pour « provocation à la haine contre les musulmans », selon le JDD. Dénonçant des propos « très graves », Chems-Eddine Hafiz avait relaté un entretien entre l’auteur des Particules élémentaires et l’essayiste Michel Onfray, retranscrit dans la revue Front populaire en novembre. Au cours de cet échange, l’incriminé avait estimé que « le souhait de la population française de souche » n’était pas que les musulmans « s’assimilent », mais qu’ils « cessent de les voler et de les agresser, ou bien qu’ils s’en aillent ». Au lendemain d’une rencontre avec l’écrivain, le plaignant a finalement fait marche arrière.
Après avoir pris connaissance des modifications apportées par Michel Houellebecq concernant ses « propos » controversés, et de l’expression de ses regrets, la Grande Mosquée de Paris a décidé « de renoncer en cet état aux poursuites judiciaires à son encontre ». Néanmoins, le président de l’Union des mosquées de France, Mohammed Moussaoui, a réaffirmé son intention de porter plainte, précisant à l’Agence France-Presse envisager un dépôt lundi.
« Islamophobe à temps partiel »
Dans une tribune publiée mercredi par Le Point , Michel Houellebecq avait répondu aux accusations d’incitation à la haine, en se définissant contre un « islamophobe à temps partiel » et en assurant que cette religion ne lui inspirait « guère de considération ». « Lorsqu’une enclave islamiste se sera créée, encore peuplée par quelques ‘gaulois’, et même par quelques juifs très courageux ou très pauvres, alors je pense en effet que des actes de résistance auront lieu – c’est-à-dire des actes terroristes, parce que la résistance c’est ça », avait à nouveau prophétisé l’homme derrière le best-seller Soumission.