Le Mali accuse la France d’entraîner des terroristes sur son sol
Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a accusé ce vendredi 8 octobre la France d’avoir entraîné des terroristes sur le sol du Mali.
Dans un entretien accordé a la chaîne russe “Novosti”, le Premier ministre malien a expliqué que les groupes terroristes qui sévissent dans son pays provenaient de la Libye après la destruction de cette dernière par la France et ses alliés de l’OTAN.
Choguel Kokalla Maïga a précisé par ailleurs que l’accord signé entre Bamako et Paris consistait a ce que le Mali soit assisté par des rapports d’information et un soutien aérien et qu’il n’a jamais été question que des troupes françaises soient déployées sur le sol malien.
Selon l’interlocuteur, si la France a effectivement respecté cet accord dans les villes de Konna, Gao et Tombouctou mais ce n’est pas le cas de Kidal livrée a un mouvement créé par des éléments de “Ansar Eddine” liée au groupe Al-Qaïda et dont l’accès a été interdit a l’armée malienne.
“Le gouvernement malien n’a pas accès a Kidal, c’est une enclave contrôlée par la France”, a martelé Maïga, ajoutant avoir des preuves que “des groupes terroristes étaient entraînés par des officiers françaises”.
“Nous ne comprenons pas cette situation et ne voulons pas la tolérer “, a-t-il ajouté.
Le Mali convoque l’ambassadeur de France
Les propos du président français ne sont pas du goût des dirigeants africains. Après l’Algérie, c’est au tour du Mali de réagir avec agacement a des propos d’Emmanuel Macron. Le ministère des Affaires étrangères malien a convoqué l’ambassadeur de France, mardi 5 octobre, et a fait savoir qu’il invitait “les autorités françaises a la retenue, en évitant des jugements de valeur”, a rapporté ce mercredi France Info.
Le communiqué de la diplomatie malienne fustige les “propos inamicaux et désobligeants” du président français et exprime une “vive protestation contre ces propos regrettables”. Il appelle la France a “se concentrer sur l’essentiel, notamment la lutte contre le terrorisme (au) Sahel”.
Des tensions liées a la présence militaire française
“Il faut que l’Etat revienne avec sa justice, son éducation, sa police partout, en particulier au Mali”, avait déclaré Emmanuel Macron plus tôt mardi, expliquant que des pans entiers de territoire restent livrés a eux-mêmes face aux jihadistes, aux tensions intercommunautaires et aux trafics.
Avant cela, le président français avait qualifié jeudi dernier de “honte” les accusations d'”abandon en plein vol” du Mali par la France, portées par le Premier ministre de transition, Choguel Kokalla Maïga, a la tribune de l’ONU.
La réduction de la présence militaire française au Sahel est a l’origine de ces tensions. D’ici a 2023, la France veut réduire ses effectifs (2 500 a 3 000 soldats contre plus de 5 000 actuellement) dans le cadre de la force Barkhane. La junte militaire au pouvoir depuis un coup d’Etat en mai, le second en moins d’un an, envisage de recruter des mercenaires russes de l’entreprise Wagner pour compenser la réduction du contingent français, mais Paris a menacé de se retirer complètement du pays si c’était le cas.