Le vice-président du CNT: « les ravisseurs nous ont remis le wali et se sont enfuis »
Le vice-président du Conseil national de transition (CNT) de la ville libyenne Derdj, M. Mohamed Abdellah Ben Kina, a accordé un entretien exclusif à Echorouk dans lequel il revient sur les détails de la libération du wali d’Illizi, M. Mohamed Laïd Khelfi, et la fuite de ses ravisseurs vers le Sahara algérien.
Echorouk : avez-vous accompagné le wali d’Illizi libéré jusqu’à sa remise aux autorités algériennes dans la région de Debdeb ?
M. Mohamed Abdellah Ben Kina : Oui, j’étais parmi la délégation qui l’a accompagné. Notre convoi était composé de 10 véhicules bien équipés. En tant que vice-président du CNT de la région Derdj, il était de mon devoir d’être parmi les membres de la délégation qui a accompagné le wali d’Illizi jusqu’ Debdeb. Dés les premières heures de l’enlèvement du wali, le président du CNT de la ville de Ghadamès m’a demandé d’intensifier les opérations de recherche du wali. Il m’a demandé aussi d’arrêter ses ravisseurs.
Echorouk : qui a procédé à la neutralisation du groupe qui a enlevé le wali d’Illizi ?
M. Mohamed Abdellah Ben Kina : l’unité portant le nom du martyr Salem Ben Kina des rebelles de la région Zenten, chargés de sécuriser la frontière, a encerclé les ravisseurs dans le désert de Derdj après leur entrée sur le territoire libyen. Après avoir ratissé plusieurs régions, les ravisseurs ont été localisés à 50 km au sud de Derdj. Ils n’ont opposé aucune résistance. Nous leur avons demandé soit de libérer le wali et les personnes qui l’accompagnaient, soit les attaquer avec nos armes lourdes et les liquider physiquement. Je précise que les ravisseurs n’avaient que des kalachnikovs.
Echorouk : comment s’est déroulée l’opération de libération ?
M. Mohamed Abdellah Ben Kina : après une heure de négociations, les ravisseurs ont cédé à nos demandes. Ainsi, ils ont libéré le wali sans utilisation d’armes. Notre unité a décidé de ne pas les poursuivre et les a laissé retourner d’où ils sont venus. Pour nous le plus important était la libération du wali.
Echorouk : comment était l’état de santé physique et moral du wali après sa libération ?
M. Mohamed Abdellah Ben Kina : juste après sa libération, le wali s’est dirigé vers nous avec des pas lourds. Il devait nous rejoindre en traversant une distance assez longue. Il était fatigué et son visage était terne à cause de son enlèvement. Quand il nous a rejoint, nous l’avons transporté dans un véhicule 4×4 vers l’hôpital de Derdj où un médecin spécialiste l’a examiné et lui a prescrit des calmants.
Echorouk : avez-vous reçu des instructions de la part des hautes autorités du CNT ?
M. Mohamed Abdellah Ben Kina : Non. Le ministre libyen de la défense suivait le développement de l’enlèvement à distance. Il voulait être au courant des moindres détails vu qu’il s’agissait d’une affaire sécuritaire liée à l’enlèvement d’un responsable de haut rang.
Echorouk : des rumeurs disent que vous avez arrêté les coupables et que vous les couvrez, qu’en dites vous ?
M. Mohamed Abdellah Ben Kina : ceci est faut et les rumeurs sont infondées. Celui qui prétend que nous détenons les ravisseurs du wali qu’il prouve cela. Comme je vous l’ai dit, ce qui était important pour nous c’était d’obtenir la libération du wali sain et sauf. Les rebelles de Derdj ne peuvent pas trahir un pays frère comme l’Algérie. Ce que nous avons fait était un devoir humanitaire.