Les réserves de change algériennes placées en bons du Trésor américain en danger
« La crise de liquidités que connaissent les États-Unis d’Amérique aura des retombées directes sur les réserves de change algériennes placées en bons du Trésor américain. Ceci est dû notamment à la faiblesse de leur taux d’intérêt et à la hausse de l’inflation », a indiqué à Echorouk l’expert en économie et vice-président du Conseil national économique et social (CNES), Mustapha Mekidech. Cet expert a expliqué que la dette publique américaine dépasse les 14.000 milliards de dollars, soit plus de 95% du PIB. Elle est supportée par des créanciers principalement japonais, chinois, européens et les pays du Golfe. L’Algérie a déposé plus de 40% de ses réserves de change en bons du Trésor américain. S’exprimant au forum d’Echorouk, le vice-président du CNES a estimé que la meilleure solution pour l’Algérie au moyen et long termes est d’utiliser une partie des réserves de change placées en bons du Trésor américain dans le lancement des fonds souverains. Il a, d’autre part, indiqué que le moment est propice pour l’ouverture d’un débat national élargi sur cette question. « La peur de l’idée des fonds souverains a fait perdre à l’Algérie plusieurs occasions. L’utilisation des réserves de change nationales dans les projets de développement intérieur n’est pas la solution idéale vu que les capacités d’absorption nationales sont réduites. Ainsi, il faudrait revoir totalement l’idée du fonds national d’investissement, et il faudrait surtout lui donner la possibilité d’aller vers l’étranger et acheter des actions et des parts dans les compagnies internationales afin de permettre à notre pays de diversifier son économie et afin de lui permettre de bâtir une économie forte en dehors des hydrocarbures. », a souligné Mustapha Mekidech. « L’Algérie a besoin d’aller vers les marchés extérieurs et d’acheter des compagnies de renommée mondiale », a-t-il ajouté. Abondant dans le même contexte, l’expert en économie Bachir Mesitpha a recommandé, lui aussi, d’acquérir les actions des compagnies spécialisées dans la technologie, les énergies renouvelables, l’industrie automobile et l’industrie pétrochimique afin de diversifier l’économie nationale et réduire notre dépendance des hydrocarbures.