Les syndicats de l’Education ripostent à Hadjar
Les syndicats autonomes de l’Education ont appelé à épargner à leur secteur sensible les conflits personnels, affirmant par là même que le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, fraîchement nommé, n’a aucune prérogative de se prononcer sur les prévisions de taux de réussite au baccalauréat.
Messaoud Boudiba, secrétaire national chargé de l’information au Cnapeste s’est interrogé sur le but des déclarations faites, dimanche, par l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, jugeant que celui-ci n’a rien à voir avec le secteur et qu’il ignore tout de la réalité du secteur.
Par ailleurs, Boudiba a appelé à protéger le secteur des conflits personnels, jugeant que seuls ceux qui y appartiennent qui le connaissent le mieux.
Selon lui, Tahar Hadjar n’a pas une seule prérogative pour faire des pronostics sur le taux de réussite au baccalauréat, ajoutant que les canaux de communication entre son secteur et celui de l’Education sont en panne.
Le syndicaliste a affirmé que les déclarations de ministre de l’Enseignement supérieur sont intervenues dans un contexte inopportun et qu’il lui aurait fallu de se concentrer sur son secteur au lieu de s’immiscer dans un autre qui n’est pas le sien.
Pour lui, même si ces propos entraient dans le cadre de la préparation de la prochaine rentrée universitaire, il aurait plutôt dire qu’il prévoyait un taux de réussite à 100%, et ce pour éviter des problèmes à l’avenir.
Pour sa part, Kouider Yahiaoui du SNTE, a jugé inacceptables, absurdes et irresponsables les prévisions de Tahar Hadjar, selon lesquelles 300 000 candidats au baccalauréat décrocheront leurs sésames sur un total de 800.000, elles qui interviennent avant même l’entame des examens officiels.
Kouider Yahiaoui rappelle que tout candidat qui obtient une moyenne de 10/20 sera admis à l’université.
Selon lui, les déclarations de Hadjar devraient donner l’impression que le taux de réussite au bac obéisse à des décisions politiques, estimant que ces pronostics devraient influer négativement sur l’état d’esprit de l’élève, de ses parents et de l’enseignant et remettre en cause la crédibilité du bac.
De son côté, le président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura a affirmé que le ministre de l’Enseignement supérieur n’a aucun droit de parler du secteur de l’Education et d’annoncer ses prévisions avant l’entame des épreuves.
Amoura a souligné également que ce secteur sensible ne croit qu’aux compétences et non pas aux chiffres.