Libye : appel des enquêteurs de l'ONU à protéger les documents officiels
La commission d'enquête indépendante de l'ONU en Libye a appelé lundi le Conseil national de transition (CNT) à prendre des mesures “urgentes” pour mettre en sécurité les documents officiels et archives “abandonnés” par les kadhafistes après la bataille de Tripoli.
“La commission est préoccupée par les informations concernant la destruction et la perte de documents et archives officiels, abandonnés lorsque les forces de (Mouammar) Kadhafi ont quitté Tripoli”, a déclaré l’un des membres de la commission chargée d’enquêter sur les accusations d’atteintes aux droits de l’Homme, Philippe Kirsch.
“La perte ou la destruction de documents pourrait avoir un impact sur les efforts de la commission en vue d’établir la vérité sur les violations des droits de l’homme ainsi que sur le travail de tout futur mécanisme en Libye pour faire appliquer la justice”, a-t-il dit devant le Conseil des droits de l’homme, réuni pour sa 18e session à Genève.
La commission d’enquête demande au CNT de “prendre des mesures immédiates et urgentes pour récupérer et protéger ces documents officiels, les archives électroniques et toute autre information” afin de s’assurer que les responsables de “violations des droits de l’homme seront poursuivis”.
La commission est notamment “préoccupée” par le fait que des “preuves puissent être altérées ou perdues si trop de temps s’écoule”, a prévenu Philippe Kirsch, “en particulier en ce qui concerne l’utilisation de mercenaires et d’enfants soldats, des violences sexuelles et des violations des droits des migrants”.
Par ailleurs, l’expert a fait état d’informations sur “des arrestations massives d’Africains noirs suspectés d’être des mercenaires pro-Kadhafi”.
“Un grand nombre de migrants originaires du Tchad, du Mali, du Niger, du Nigeria et du Soudan ont été arrêtés arbitrairement par les forces de sécurité du CNT à Tripoli”, a-t-il précisé.