Libye: les combats font rage, l’Algérie ferme ses frontières
Des combattants du nouveau régime libyen se préparaient dimanche à attaquer Bani-Walid, où l'un des fils Kadhafi aurait pu trouver refuge, malgré la décision des autorités de transition de laisser encore une semaine à la négociation.
Au dernier poste de contrôle, au milieu d’un désert rocailleux à une quarantaine de kilomètres au nord de Bani Walid, fief d’une puissante tribu fidèle à l’ancien “Guide” en fuite, les combattants, pour beaucoup originaires de cette ville, ne cachaient pas leur impatience.
Mais après quelques petits affrontements samedi soir dans les environs de la ville, le front de Bani-Walid semblait calme dimanche.
Alors que le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a répété samedi que tous les partisans de Mouammar Kadhafi avaient jusqu’au 10 septembre pour déposer les armes, un responsable local a évoqué dimanche matin des “négociations de la dernière chance” pour Bani-Walid.
A Tripoli, le “ministre” de l’Intérieur du CNT, Ahmed Dharrat, a estimé que Bani Walid serait “libérée aujourd’hui ou demain” (dimanche ou lundi), sans expliquer pourquoi les combattants ne semblaient pas avoir l’intention de respecter la consigne de Abdeljalil.
Selon les combattants locaux, plusieurs proches de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi, dont son fils Saadi, se trouvent actuellement à Bani-Walid, mais pas l’ancien “Guide” lui-même, contrairement à ce qu’avaient avancé des responsables du CNT ces derniers jours.
Des civils ayant fui Bani-Walid samedi ont rapporté que beaucoup de combattants pro-Kadhafi avaient quitté la ville, emportant les armes lourdes dans les montagnes environnantes, et que les habitants attendaient angoissés dans une ville fantôme aux magasins fermés, sans essence ni gaz.
En Algérie, un représentant des Touareg a affirmé que les touaregs de Libye étaient victimes de violences de la part des forces du nouveaux régime, qui les soupçonnent d’être favorables au colonel Kadhafi. Il a demandé l’ouverture de la frontière pour offrir un refuge aux personnes menacées.
Selon des témoins et plusieurs journaux, l’Algérie a en effet fermé ses frontières avec la Libye après l’entrée de membres de la famille Mouammar Kadhafi sur son territoire le 19 août. Aucune confirmation officielle n’a pu être obtenue.