L'Onu condamne fermement les violences au Yémen
Le Haut commissariat de l’ONU pour les Droits de l'homme a “condamné fermement” mardi “les tueries à l'encontre de manifestants largement pacifiques à Sanaa et Taiz au Yémen, conséquence de l'usage sans discrimination de la force par les services de sécurité”.
Plusieurs centaines de personnes ont été blessées à “cause de l’usage disproportionné de la force contre les manifestants désarmés” a également indiqué le porte-parole du Haut commissariat, Rupert Colville, dans un point de presse.
Il a également dénoncé l’usage “excessif” de la force par les forces de l’ordre “dans un climat de complète impunité”, alors qu’il y a eu de nombreux morts et de blessés, en “dépit des allégations contraires du gouvernement”.
Le Haut commissariat a réitéré son “appel pour une commission d’enquête internationale indépendante” sur ces violences.
“Les responsables de ces centaines de tués depuis le début du mouvement de protestation au Yémen, il y a plus de 8 mois, doivent être poursuivis, quelque soit leur rang ou leur titre”, a souligné le porte-parole.
Le Yemen a été à nouveau le théâtre de violences mardi. Deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées à Sanaa lors de tirs sur une nouvelle manifestation réclamant la démission du président yéménite Ali Abdallah Saleh, selon le correspondant de l’AFP sur place.
Des soldats fidèles à M. Saleh et des civils armés ont ouvert le feu sur des milliers de jeunes qui s’approchaient de bâtiments officiels dans le quartier d’Al-Qaa.
Samedi et dimanche, les forces de M. Saleh avaient déjà ouvert le feu sur des manifestants réclamant sa démission à Sanaa. Quatre civils et deux soldats dissidents avaient été tués dimanche dans les tirs sur les manifestants, selon un bilan compilé par l’AFP. Et samedi, 12 Yéménites avaient péri dans la répression d’une manifestation à Sanaa.
Malgré des mois de protestation et de pressions internationales et régionales, M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans et accusé de corruption et de népotisme, refuse de partir et rejette un plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe pour un transfert pacifique du pouvoir.