Marche des avocats : heurts entre policiers et robes noires
Les centaines d’avocats qui ont répondu favorablement à la marche d'hier ont réussi à la faire en franchissant les barrages qui ont été dressés par les forces de sécurité pour les empêcher d'atteindre le siège de l'Assemblée populaire nationale (APN) .
Les robes noires déterminées ont marché du tribunal Abane Ramdane en direction du siège de l’Assemblée populaire nationale (APN), dont leur mot d’ordre est le retrait du projet de loi portant organisation de la profession d’avocat.
La pendule affichait 14h lorsque les avocats ont quitté le tribunal Abane Ramdane portant leurs noires et scandant des slogans refusant le projet de loi lequel selon-eux est restrictif et atteint à la dignité d’avocat. « La défense veut faire chuter le projet de loi », « Les articles 24,29 : l’avocat est accusé jusqu’à ce qu’il soit innocenté », tels sont des slogans qu’ont scandé les robes noires.
Cependant, les avocats décidés d’y aller vers l’APN étaient surpris par une présence d’un énorme dispositif de sécurité qui a fermé devant eux toutes les issues.
Déterminés d’atteindre le siège de l’APN, plusieurs avocats ont été tabassés par les éléments de la police qui ont tout fait pour empêcher les robes noires de marcher.
Il est à noter que Maitre Cherfi Chérif s’est évanouit face à la brutalité des policiers qui lui ont assené un coup. Tandis qu’un collègue à lui s’est vu déchirer sa robe noire par des éléments de la police qui se sont acharnés contre eux.
La détermination des avocats l’emportait sur la brutalité des policiers, en réussissant à marcher jusqu’au siège d’APN. Les accès à ce dernier ont également été fermés par les éléments de la police qui l’ont assiégé de crainte que les avocats l’envahissent.
Il convient de souligner que le bâtonnier d’Alger, Abdelmadjid Sellini a prononcé une allocution devant les avocats qui ont pris part à cette marche : « La sortie des avocats unis dans la rue prouve de la crédibilité de la fonction et que les avocats s’opposent à ce projet de loi ».
Lors d’une conférence de presse animée la veille de cette action de protestation, Sellini a dit que les robes noires ne croient qu’au retrait du projet de loi sur l’avocat, reporté pour rappel au mois de septembre prochain.
Le bâtonnier d’Alger a ajouté qu’ « aucun intérêt n’a été accordé à eux et que leur principale revendication demeure l’autonomie de la fonction d’avocat qui ne doit pas être soumise au ministère de la Justice ».