Menasra: l’armée soutient-elle un quatrième mandat pour Bouteflika?
Le président du Front de changement, Abdelmadjid Menasra s’interroge sur le rôle de l’armée lors des prochaines présidentielles? Il s’interroge si l’armée soutient Bouteflika, ou refusera cette option pour opter pour une autre personnalité.
Abdelmadjid Menasra a tenté à travers une contribution hebdomadaire intitulée « le choix du président entre la boite blanche et la boite noire », à travers les méthodes du pouvoir algérien dans la désignation des présidents depuis l’Indépendance à nos jours et en évoquant le rôle de l’armée dans le choix du locataire de El Mouradia.
« L’armée choisit le président et le peuple l’accepte. Lorsqu’il entame l’exercice de ses fonctions, il se sent dans le besoin de se coopérer avec l’armée et lorsqu’ils se divergent, le président se trouve contraint de se retirer de la Présidence par sa propre volonté ou sans », a-t-il analysé.
Notre interlocuteur a rappelé l’arrivée au pouvoir du défunt Benbella grâce à l’armée et destitué par l’armée et la gouvernance de Boumediène par l’armée jusqu’à sa mort. Après sa mort, l’institution militaire a choisi Chadli comme successeur, avant de quitter le pouvoir en décembre 1991 à cause d’un différend avec cette même institution sur les élections législatives remportées par le FIS-dissous, laissant la place au défunt Boudiaf, rappelé par l’armée pour présider une période de transition. Ensuite arrivent Zeroual et Bouteflika, dont ce dernier aurait refusé en 1994 d’être porté au pouvoir par des partis politiques, des organisations et des associations constituant la « Conférence du dialogue national » en exigeant d’être désigné par l’armée. En effet, cinq ans plus tard il occupera ce poste par l’appui de l’armée poussant les six autres candidats à se retirer collectivement de la course.
Si Bouteflika décide de se représenter, l’armée ne s’opposera pas, et pourquoi s’opposera-t-elle d’ailleurs? », s’interroge-t-il.
Si Bouteflika décide en revanche de ne pas se représenter aux élections, le centre de décision revient automatiquement à « la grande muette », ajoute-t-il estimant que le rôle Bouteflika dans le choix de son successeur ne pèsera pas beaucoup, même si ce dernier n’hésitera pas à poser son véto contre certaines personnalités.