Merzak Allouache: «Je suis un créateur libre… non un politique»
Le réalisateur algérien, Merzak Allouache, a refusé de revenir sur la polémique suscitée par la projection de son dernier film «Madame Courage» en Israël, et la réaction du ministère de la Culture qui a financé le long métrage.
S’exprimant lors d’une conférence de presse ,en marge de la projection en avant-première de son film, le réalisateur a affirmé qu’il est un créateur, artiste libre et qu’il n’accepte plus jamais que personne lui dicte des choses.
Allouache a également précisé qu’il est réalisateur et non politique et que pour lui l’affaire du ministère de la Culture est close.
Par ailleurs, il a esquivé la question sur sa position quant à la normalisation avec Israël en répondant à un journaliste palestinien en lui demandant: « Allez-y et demandez à un groupe de jeunes qui ont ouvert, il y a quelques années une salle de cinéma à El Qods et à qui j’ai offert mes film en guise d’aide?», s’est-il défendu.
En outre, Allouache a défendu avec acharnement ses choix créatifs en se focalisant essentiellement sur les personnes marginalisées et les fléaux répandus dans la société algérienne, tel que le langage grossier omniprésent.
Pour lui, la société algérienne a tendance à devenir de plus en plus violente, ce qui s’explique à ses yeux par la non-résolution des problèmes des années 1990 estimant que l’on vit toujours les conséquences du terrorisme.
Le réalisateur aurait souhaité qu’il ait eu en tant que réalisateur algérien une solidarité alors de la part de ses confrères arabes car la majorité d’eux, selon Allaouache, estimaient que ce qui s’était passé en Algérie était une conséquence naturelle de sa composante sociale.
Par ailleurs, il a expliqué également que l’on ne trouve pas dans ses produits du pessimisme, ajoutant que sa concentration sur les aspects négatifs de la société émane de sa vision en tant que réalisateur vis-à-vis de la réalité de la société algérienne qui incite au pessimisme.
Pour lui, les ordures, la saleté, la drogue et la débauche sont fréquentes dans la société algérienne.
En effet, il se considère comme un militant qui milite pour améliorer l’image de l’Algérie à travers ses films. « Je ne suis pas chargé de nettoyer les rues mais de les montrer aux gens », a-t-il soutenu, estimant que s’il y avait autant de salles de spectacle comme ce fut le cas au lendemain de l’Indépendance, ça aurait permis de constater des visions différentes de la nouvelle génération de réalisateurs algériens.