Nouveau témoignage: Nahel a reçu plusieurs coups de crosse
Le passager avant de la voiture que conduisait Nahel et qui a pris la fuite a témoigné vendredi dans les colonnes du Parisien.
D’après ce témoignage, “les policiers ont donné plusieurs coups de crosse au conducteur avec des menaces de mort directes”, relate notre journaliste spécialisé en police-justice, Karim Hakiki, a rapporté France 24. Au troisième coup de crosse, Nahel aurait alors “perdu la pédale de frein” et la voiture aurait avancé à ce moment-là. Pour l’instant, ce témoin n’a pas été entendu par les policiers.
Blessé physiquement et marqué psychologiquement, l’ami de Nahel qui se trouvait à côté de lui dans la voiture, livre sa version des faits au Parisien avant de se rendre « lundi au commissariat ».
Le jeune homme en fuite après avoir assisté à la mort de Nahel depuis l’intérieur du véhicule a finalement décidé de prendre la parole, avant de se rendre lundi dans un commissariat pour répondre à une convocation dans le cadre de l’enquête.
Toujours caché depuis le drame, le troisième passager de la voiture où Nahel a trouvé la mort à Nanterre mardi, explique dans sa version des faits qu’il se trouvait sur le siège passager avant, à côté de Nahel, son copain d’enfance. “Ils sont arrivés en courant. Ils nous ont dit de baisser la fenêtre. Nahel a baissé la fenêtre”, déclare l’adolescent dans les colonnes du Parisien ce vendredi 30 juin, où sa mère a également accepté de témoigner.
Les trois amis avaient “décidé de faire un tour dans Nanterre”. Quelques minutes plus tard, il explique que la voiture s’est retrouvée “sur la voie de bus sur l’avenue Joliot Curie”.
“Nous étions en train de rouler quand j’ai aperçu les motards de la police qui se sont mis à nous suivre”. Une fois le gyrophare enclenché, la voiture de Nahel se serait arrêtée après la demande formulée par les policiers.
“Le motard qui était près de la fenêtre a dit: Éteins le moteur. Et il a mis un coup de crosse à Nahel, gratuitement. Le deuxième motard s’est penché par la fenêtre, et il lui a mis un coup de crosse, lui aussi”, retrace-t-il dans sa démarche de “rétablir la vérité, car il y a plein de choses fausses qui tournent”.
Nahel a agonisé sous ses yeux
« Un peu sonné » et « paniqué » selon le garçon de 17 ans, Nahel était “vraiment traumatisé“, “il ne savait pas quoi faire. Il avait la tête qui tournait, il ne pouvait rien faire, même pas parler”, détaille encore ce témoin, nommé par un faux nom (Fouad) dans l’article du quotidien français.
La suite des événements qu’il relate semble d’ailleurs confirmer ce que l’on peut entendre sur les vidéos ayant filmé la fin de ce contrôle routier mortel. Après un “nouveau coup de crosse”, le policier a dit à Nahel: “Éteins le moteur, ou je te shoote !”, selon sa version des faits. Le deuxième policier aurait alors renchéri “un truc comme: Je vais te mettre une balle dans la tête ! “.
Nahel aurait alors essayé de se protéger “pour ne pas se manger un autre coup”. C’est à ce moment que le pied de Nahel “s’est enlevé de la pédale de frein”, toujours « sonné » d’après son ami. “Comme la voiture c’est une automatique, elle a avancé toute seule. Le policier situé près de la fenêtre a dit à son collègue: Shoote-le !. C’est là que le motard qui était à l’avant a tiré”, précise-t-il en disant avoir vu son ami « agoniser ».
Rendez-vous au commissariat
Ensuite, le pied du conducteur “s’est bloqué sur l’accélérateur”. Encore conscient les secondes suivantes, “il a klaxonné la voiture devant”, avant de se mettre à trembler et de ne plus fournir la moindre réponse. La voiture ayant fini sa course quelques mètres plus loin, l’ami de Nahel explique avoir pris la fuite: “J’avais peur. Peur qu’on me tire dessus”.
Au début de l’enquête, le préfet de Paris Laurent Nuñez avait indiqué que “le conducteur, qui avait d’abord éteint le moteur, a redémarré le véhicule, puis est parti. C’est dans ce contexte que le policier a fait usage de son arme à feu.”
Blessé dans l’accident, l’ami de Nahel a été ausculté jeudi par un médecin, comme le précise sa mère au Parisien: ” Il a mal à une jambe, au ventre, aux fesses et ses mains sont abîmées. À cause du coup feu, ses oreilles sifflaient. Il a mal aux oreilles depuis”.
La mère du garçon raconte d’ailleurs avoir retrouvé son fils “complètement affolé” et “tellement paniqué” qu’il en a oublié son téléphone sur les lieux de l’accident. “Voir son ami mourir devant soi, c’est dramatique. Sans compter qu’il aurait pu lui aussi être blessé par balle. Il va falloir qu’il vive avec ça. Ça va être difficile pour lui”, estime-t-elle.
Dépourvue face aux événements, cette mère de famille a décidé de l’envoyer chez son père à Marseille avant de prendre contact avec un avocat. Selon Le Parisien, le jeune homme qui sera bien présent ce samedi aux obsèques de Nahel avant de se rendre lundi au commissariat, comme le promet sa mère.