Otages français au Sahel: pas de preuve de vie mais des “informations rassurantes”
Le Premier ministre nigérien Brigi Rafini a déclaré lundi à Paris ne pas avoir de “preuves de vies” des quatre Français enlevés au Niger il y a un an, tout en assurant disposer d'”informations rassurantes”.
Interrogé pour savoir si le Niger disposait de preuves de vie des otages, le Premier ministre, un Touareg d’Agadez (nord du Niger), s’est montré à la fois prudent et confiant.
Le 16 septembre 2010, sept personnes ont été enlevées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à Arlit, site d’extraction d’uranium: un cadre du groupe nucléaire français Areva et son épouse, tous deux Français, et cinq employés (trois Français, un Togolais et un Malgache) de son sous-traitant Satom.
Le 24 février, la Française, le Togolais et le Malgache ont été relâchés. Mais les quatre autres sont toujours retenus en otages.
Aqmi avait diffusé le 27 avril une vidéo des otages “suppliant” le président français Nicolas Sarkozy de retirer ses troupes d’Afghanistan, une demande immédiatement rejetée par Paris. Cette exigence s’accompagne, selon des sources proches des négociations, d’une demande de rançon de 90 millions d’euros.
Un an jour pour jour après l’enlèvement, le ministre français de la Défense Gérard Longuet a confirmé que les otages étaient “vivants”, probablement “séparés les uns des autres”.
Brigi Rafini a par ailleurs réitéré le refus de son pays d’extrader Saadi Kadhafi, un des fils de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi qui a trouvé refuge au Niger le 11 septembre et dont Interpol a requis l’arrestation à la demande de Tripoli.
Le chef du gouvernement nigérien doit rencontrer mardi le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, et notamment aborder avec lui “la question de la lutte contre le terrorisme dans la région” ainsi que de la “stratégie” du Niger “en réponse aux conséquences de la crise en Libye”, a précisé lundi le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.
La France a fourni 271 millions d’euros d’aide au Niger entre 2006 et 2010, principalement destinés à l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement.