Ouyahia: «Il n’y aura pas de retour du FIS»
Le ministre d’Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République, chargé de diriger les consultations autour du projet de révision constitutionnelle Ahmed Ouyahia, a tenu vendredi matin une conférence de presse à la Résidence El Mithak (Alger). Afin d’établir dans sa première sortie publique, depuis sa nomination, le bilan de trois semaines de rencontres avec des personnalités politiques, partisanes, syndicales, universitaires et historiques ayant répondu à l’invitation au sujet de recueillir les propositions de différents segments de la société civile concernant la nouvelle Loi fondamentale.
Une conférence soldée par une position ferme et définitive. Le Front Islamique du Salut (dissous depuis 1992), ne sera jamais réhabilité : « Je vous confirme qu’il n’y aura pas de retour du FIS dissous », a-t-il dit. Il a ajouté qu’il « partageait les mêmes visions politiques » avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a eu déjà à s’exprimer sur le sujet.
Cette déclaration de l’ancien chef du gouvernement et homme de confiance du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika intervient à l’issue de l’invitation d’anciens dirigeants du FIS et de son aile militaire, l’Armée islamique du Salut (AIS) aux consultations et les interrogations de la classe politique et d’observateurs sur une éventuelle réhabilition de cette formation islamiste dissoute en mars 1992 par le tribunal administratif d’Alger après qu’elle eut pris les armes contre l’Etat algérien.
Interrogé sur l’invitation, en tant que personnalités, d’anciens dirigeants du FIS dissous aux consultations sur la révision de la Constitution, il a souligné que la démarche du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, consiste à “rassembler tout le monde dans le cadre des lois et de la Constitution de la République”.
“Ceux qui disent que le pouvoir essaye de récupérer ou de manipuler l’ancien parti dissous pour faire face à l’opposition, je suis au regret de leur dire que le pouvoir a assez de défis et de complications à gérer pour ne pas s’inventer des démarches infantiles”, a-t-il dit. Il a affirmé que le gouvernement “ne fait pas de la manipulation, mais veut rassembler les Algériens”.