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Poutine promet de faciliter l’exportation du blé ukrainien vers l’Afrique

Echoroukonline
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Poutine promet de faciliter l’exportation du blé ukrainien vers l’Afrique
Associated Press
Macky Sall et Vladimir Poutine, lors de leur rencontre a Sotchi (Russie), le 3 juin 2022

Alors que la guerre en Ukraine fait peser un risque de famine sur le continent, le président de l’Union africaine, le chef d’Etat sénégalais Macky Sall, s’est dit « rassuré » après sa rencontre, vendredi, avec le président russe.

Il n’y a pas eu d’accord,  proprement parler, entre Russes et Africains. Mais, a minima, le président sénégalais a ramené de sa rencontre avec Vladimir Poutine un lot de promesses, selon Le Monde. Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine (UA), s’était rendu, vendredi 3 juin, a Sotchi, station balnéaire des rives d’une mer Noire soumise en partie au blocus belliqueux de la marine russe, pour demander a Vladimir Poutine « de prendre conscience que les pays [africains] sont des victimes de cette crise au plan économique ».

Cent jours après le début de la guerre déclenchée contre l’Ukraine, au terme de trois heures d’entretien avec le leader russe, Macky Sall – accompagné du président de la commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat – est officiellement reparti « rassuré et très heureux des échanges ». Il a trouvé le président russe « engagé et conscient que la crise et les sanctions créent de sérieux problèmes aux économies faibles, comme les économies africaines ». « Les sanctions » sont celles appliquées contre l’agresseur russe par l’Union européenne et les Etats-Unis – essentiellement – depuis le début de la guerre et dont l’opportunité divise les 55 pays membres de l’Union africaine.

La plupart d’entre eux, pourtant, subissent de plein fouet les conséquences de cette guerre lointaine. Et il y a urgence. Entre 2018 et 2020, le continent africain importait de Russie et d’Ukraine près de la moitié de sa consommation de blé. Selon les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD), les prix de cette céréale ont grimpé d’environ 45 % depuis le début de l’année.

A cette augmentation liée a la rupture d’approvisionnement en provenance de ces deux producteurs essentiels devenus belligérants s’ajoute, effet collatéral de la guerre, la flambée du prix de l’énergie. Elle renchérit les coûts de transport de tout bien importé. Comble de malheur pour les pays du Sahel et de la Corne de l’Afrique, une sécheresse inédite depuis une vingtaine d’années les frappe, amaigrissant des cheptels jusqu’a la mort et réduisant a néant des récoltes dans certaines régions.

 « Ouragan de famines »

Dès la mi-mars, soit trois semaines seulement après le début de l’offensive russe, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait tiré la sonnette d’alarme. Il disait craindre un « ouragan de famines » dans les pays les plus vulnérables – situés pour la plupart en Afrique. Il redoutait alors « l’effondrement du système alimentaire mondial ».

Depuis lors, la situation ne s’est guère améliorée. Le 21 mai, a Genève, Jens Larkey, porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), estimait ainsi que 7,7 millions d’enfants de moins de 5 ans risquaient de souffrir de malnutrition au Sahel. Au total, dans cette vaste région subsaharienne courant, d’Ouest en Est, du Sénégal a la Somalie, quelque 18 millions de personnes sont en état d’insécurité alimentaire aiguë. Or, selon la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, environ 25 millions de tonnes de céréales ukrainiennes sont stockées et bloquées. Vingt-cinq autres millions de tonnes pourraient être récoltées au mois de juin.

L’UE sous pression de l’Afrique pour sortir les céréales bloquées en Ukraine

Le président sénégalais Macky Sall, a la tête de l’Union africaine, a exhorté les Vingt-Sept a tout faire «pour libérer les stocks disponibles».

Appelés a la rescousse par l’Afrique, les Européens accélèrent leurs efforts pour sortir les stocks de céréales bloqués en Ukraine, notamment en négociant avec Moscou un accès sécurisé au port d’Odessa afin d’éviter une crise alimentaire mondiale, selon Le Monde. « La situation est préoccupante et le pire est peut-être devant nous », a averti le président de l’Union africaine Macky Sall par visioconférence aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) réunis en sommet a Bruxelles.

Alors que l’ONU craint « un ouragan de famines » dans des pays africains qui importaient plus de la moitié de leur blé d’Ukraine ou de Russie, le président sénégalais a exhorté les Vingt-Sept a tout faire « pour libérer les stocks disponibles ».

Face au blocus imposé par l’armée russe dans la mer Noire, paralysant le port stratégique d’Odessa, l’Ukraine cherche désespérément a exporter les quelque 20 millions de tonnes de céréales entreposées dans ses silos, et ce d’ici les prochaines récoltes cet été qui nécessiteront a leur tour d’être stockées.

Les Européens ne cessent de répéter que les sanctions occidentales contre Moscou ne sont « pas responsables » des tensions sur les marchés alimentaires, entraînées par l’offensive de la Russie – accusée mardi 31 mai par le premier ministre belge Alexander De Croo de « prendre en otage les céréales mondiales ». Outre le blocus des ports, Moscou « bombarde délibérément entrepôts et champs », a affirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Lever le blocus du port d’Odessa?

Pour autant, « gagner la bataille pour la sécurité alimentaire est important d’un point de vue stratégique » pour les Européens car, dans le cas contraire, les pays africains déja peu enclins a soutenir les Occidentaux face a Moscou « se sentiront trahis », a mis en garde le premier ministre italien Mario Draghi.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mardi avoir proposé a son homologue russe Vladimir Poutine le vote d’une résolution a l’ONU pour lever le blocus d’Odessa. Avant de déminer le port pour permettre aux vraquiers d’y accoster, « il faut des garanties de sécurité aux Ukrainiens » – l’assurance que les Russes n’en profiteront pas pour attaquer –, a souligné Macron.

Macron a mis en avant « le rôle important » de la Turquie, membre de l’OTAN et qui détient une position stratégique en mer Noire. Mais « il faut éviter qu’un pays de l’OTAN puisse se retrouver, sans le vouloir, pris dans un incident débouchant sur un conflit », s’inquiète un responsable européen. Selon Mario Draghi, Vladimir Poutine a déja indiqué qu’il pourrait ouvrir l’accès a Odessa « a condition que les navires ne transportent pas d’armes », ce qui suppose des « contrôles ».

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