Révision constitutionnelle: les participants plaident pour une conférence nationale
Les partis politiques ayant participé aux consultations pour la révision constitutionnelle menées par le directeur de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, n’ont pas caché leurs craintes quant au sort qui sera réservé à leurs propositions en insistant sur la nécessité d’être associés à l’élaboration de la nouvelle Constitution ainsi que sur la tenue d’une conférence nationale qui aboutira à une Constitution consensuelle.
En effet, les consultations sur la révision constitutionnelle ayant pris fin jeudi ont suscité les craintes des formations politiques, qui ont répondu favorablement à l’invitation d’Ahmed Ouyahia, quant à la non-prise en considération de leurs propositions et de leur point de vue notamment au sujet des dossiers importants.
Les craintes sont perceptibles dans les rangs du Front de libération nationale (FLN) qui veut que ses propositions présentées à l’ancien chef du gouvernement soient prises en considération lors de la révision de la Constitution et à ce que l’on tienne compte des points de vue des acteurs politiques.
Pour rappel, 150 personnalités nationales et partis politiques ont participé à ces consultations, dont des micro-partis qui profitent de l’occasion pour se faire connaître.
Le FLN met également l’accent sur la nécessité d’élargir la commission de l’élaboration de la nouvelle Constitution et à ce qu’il soit impliqué.
Sur ce sujet, Hocine Khaldoune estime que l’implication des acteurs est l’une des conditions permettant d’aboutir à un consensus. Pour ce faire, il propose la désignation d’un représentant de chaque parti en vue de défendre ses propositions et parvenir à un dialogue devant déboucher sur un consensus au sujet des questions qui divergent, à l’image de la suppression du Conseil de la nation, l’errance politique, la définition de la nature du régime présidentiel.
Par ailleurs, il a affirmé les craintes du parti quant au sort de ses propositions présentées par le secrétaire général du parti, Amar Saâdani au directeur de cabinet de la Présidence et auxquelles bon nombre de juristes ont été associées à leur élaboration.
Pour lui, il est primordial d’impliquer l’autre partie à ces consultations, en faisant allusion à l’opposition, comme il n’exclut pas la tenue d’un deuxième round de consultations à travers l’organisation des assises qui réuniraient les parties qui y ont pris part.
Notons que la position du Front de Changement d’Abdelmadjid Menasra ne diffère pas de celle du FLN. Contacté vendredi par Echorouk, Menasra a affirmé avoir présenté des propositions et qu’il attendait la réponse de la présidence de la République, dont la tenue d’une conférence nationale à l’issue des consultations et à laquelle doivent participer toutes les parties ayant répondu favorablement à l’invitation de Ouyahia.
Dans le même contexte, il a dit que sa proposition n’a pas été refusée et que l’ancien chef de gouvernement lui a promis de l’examiner.
Pour Nouara Djaâfar, porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), la révision de la Constitution sera à la hauteur des aspirations du peuple compte tenue des garanties données par le président de la République au sujet des propositions présentées par les participants.
« La nouvelle Constitution sera centrée sur les suggestions des partis et des personnalités nationales, au sujet de la séparation des pouvoirs, le renforcement des libertés et la garantie des droits de la femme », a indiqué Nouara Djaâfar.
La porte-parole du RND a ajouté que la Présidence répondra à la révision de l’article 31 bis de la mouture pour élargir la participation de la femme dans divers domaines et dans des postes de responsabilité sans autant se contenter de sa participation aux assemblées élues.