Scandale du thon rouge à Annaba: 8 personnes dans les filets de la justice
Des doigts accusateurs pointés dans tous les sens et un long suspens ont caractérisé le procès de l’affaire de trafic de thon rouge qui a duré plus de 18 heures au tribunal d’Annaba.
- Très attendu, le procès de l’affaire de 210 tonnes de thon rouge à Annaba. Après avoir entendu les accusés, les témoins et les plaidoyers des avocats, le procureur général a requis de lourdes peines contre les mis en cause; 8 ans de prison ferme à l’encontre de (B.Fateh), secrétaire général du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques et 6 ans à l’encontre de (A.Kamel) directeur central au sein du même ministère. Le représentant du droit public a également requis 5 ans de prison ferme, à l’encontre de l’armateur algérien du thonier El Djazaïr autorisé à exercer par le port de Bouismail, un ressortissant turc patron du thonier Akua-Dem et trois de ses partenaires, ainsi qu’un autre accusé algérien propriétaire d’un bateau autorisé à la pêche par le port d’Oran.
- L’audience spéciale consacrée à l’affaire s’est ouverte mercredi vers 9h et a connu des déclarations stupéfiantes.
- Tout a commencé en juin lorsque les garde-côtes ont intercepté au large des côtes d’Annaba 5 bateaux turcs transportant 210 tonnes de thon rouge vivant, vers la Turquie et de là au Japon.
- Le propriétaire du Akua-Dem, ses 4 compagnons, le Secrétaire général du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques (B.Fateh), le directeur central des pêches maritimes et océaniques (A.Kamel) et l’armateur algérien d’El Djazair Maamar Saadoune, sont alors mis en cause.
- Lorsque le juge cite l’accusation de contrebande, de pêche illégale et de faux et usage de faux dirigée contre l’armateur turc, ce dernier se livre à de graves déclarations. Il a expliqué qu’en compagnie de l’ambassadeur de Turquie en Algérie, il a obtenu en mai une autorisation verbale du secrétaire général du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques pour l’achat de thon rouge vivant auprès des pécheurs algériens. Le turc commence ainsi à conclure des marchés pour obtenir sa cargaison, d’autant qu’il a reçu l’année dernière une autorisation verbale pour pêcher 465 tonnes de thon sans qu’aucune partie ne s’y oppose. L’armateur fut surpris, dit-il, de recevoir un avis d’un responsable du ministère lui indiquant que la pratique est interdite. Les gardes-côtes furent alertés.
- Le secrétaire général du ministère de Smail Mimoun lui se défend et soutient qu’il a donné son aval, verbalement, vu le vide juridique qui caractérise ce genre d’activité.
- Les accusations fusaient de toute part, chaque partie accusée rejetant la responsabilité sur l’autre… en attendant le verdict prévu le 13 de ce mois.