Syrie : isoler le régime de Bachar al-Assad est une erreur, selon Moscou
Les tentatives de certains pays d’isoler le régime du président syrien Bachar al-Assad sont une erreur, a estimé mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, selon qui le projet de nouvelle Constitution syrienne est un pas en avant.
Malheureusement, certains de nos partenaires ont depuis longtemps fait une croix sur le gouvernement syrien. Au lieu d’un dialogue, il y a une tentative d’isoler le gouvernement syrien, a déclaré M. Lavrov à l’issue d’une rencontre à Wassenaar, au nord de La Haye, avec son homologue néerlandais Uri Rosenthal. Nous pensons que seul le dialogue politique peut apporter une solution, mais le dialogue doit inclure la Syrie, a-t-il ajouté, assurant que Moscou est favorable au rejet des interférences extérieures. Principal soutien du régime du président Bachar al-Assad, la Russie a bloqué à deux reprises des résolutions au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression sanglante en cours depuis près d’un an en Syrie. Moscou juge que ces textes doivent reconnaître la part de responsabilité de l’opposition dans les violences. Pour être franc, nous pensons du côté néerlandais que le président syrien devrait démissionner, a de son côté déclaré Uri Rosenthal. M. Lavrov a accueilli positivement le projet de nouvelle Constitution présentée mercredi en Syrie et qui doit être soumis à un référendum le 26 février. La nouvelle Constitution prévoit notamment la disparition de la clause sur la primauté du Baas, mettant ainsi fin au monopole de ce parti depuis près de cinquante ans. Nous pensons très certainement qu’une nouvelle Constitution qui va mettre un terme à la domination d’un seul parti en Syrie est un pas en avant, a souligné M. Lavrov.
La nouvelle Constitution prévoit en outre que le pouvoir sera exercé démocratiquement à travers des élections et que la jurisprudence islamique est source de toute législation. Le ministre russe a assuré qu’il se rendrait jeudi à Vienne, où il rencontrera notamment son homologue français Alain Juppé afin de discuter notamment du souhait français d’instaurer des couloirs humanitaires en Syrie. M. Juppé a de nouveau souhaité mercredi matin au micro de la radio France Info que l’ONU discute de cette idée, déjà présentée par Paris en novembre 2011 et qui doit permettre aux ONG d’atteindre les zones qui font l’objet de massacres absolument scandaleux. M. Lavrov avait indiqué lundi que la Russie étudiait la proposition de la Ligue arabe de déployer une force conjointe ONU-Arabes en Syrie, tout en jugeant qu’un cessez-le-feu était nécessaire avant l’envoi de soldats de maintien de la paix.
L’Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer jeudi sur un projet de résolution qui condamne la répression en Syrie, quelques jours après le blocage d’un texte similaire au Conseil de sécurité. En ce qui concerne la résolution, nous préférons ne pas être guidés par le fait qu’il y ait une résolution. Nous serons guidés par le contenu de la résolution, a déclaré M. Lavrov. Si la résolution est partisane et ignore le fait que des gens sont tués par des groupes armés de l’opposition, alors elle ne sera pas utile, a-t-il ajouté. Damas accuse des bandes terroristes armées de se tenir derrière les violences dans le pays depuis le début de la contestation le 15 mars 2011, réprimée au prix de plusieurs milliers de morts.