Syrie : l'armée intervient près de la frontière turque
D'après les témoignages de réfugiés, Damas bouclerait l'accès aux villages frontaliers pour empêcher leurs habitants de fuir vers la Turquie voisine. Des dizaines de personnes auraient été arrêtées.
Plus de 10.000 Syriens ont déjà trouvé refuge en Turquie, et des milliers d’autres (5000 d’après certaines estimations) sont massés à la frontière, craignant une intervention des forces de sécurité. Les réfugiés disent commencer à manquer de nourriture. Pour répondre à cette situation, la Turquie dit avoir commencé à leur fournir une aide humanitaire, sans toutefois franchir la frontière. C’est la première fois que les autorités turques mènent une telle opération. Les conditions de vie des réfugiés sont difficiles. Ils sont pour la plupart installés dans des abris sommaires faits de branchages et de bâches en plastique. Dimanche soir, le président du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger, doit arriver à Damas pour une visite de deux jours. Il entend réclamer l’accès aux personnes affectées par les violences. Lors de cette visite, il doit rencontrer le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères.
Samedi, quelque 70.000 personnes en colère ont participé à Deir Ezzor, dans l’est du pays, aux funérailles de deux manifestants tués la veille, selon le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, Rami Abdel Rahmane. «Les gens scandaient des slogans contre le régime», a-t-il expliqué. Des milliers d’autres ont participé à des obsèques à Homs où cinq personnes ont été tuées vendredi lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants. Depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar el-Assad, il y a trois mois, plus de 1300 civils auraient été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Des milliers d’autres auraient été arrêtés.
Nouvelles mesures de l’UE attendues
Face à la persistance du régime à ignorer les appels internationaux à cesser la répression, Londres a appelé ses ressortissants à quitter la Syrie avertissant que son ambassade à Damas pourrait ne pas être en mesure d’organiser leur évacuation si la situation se dégradait. Les États-Unis et l’Union européenne (UE) poursuivent de leur côté leurs efforts pour tenter d’accroître la pression sur le président syrien, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton jugeant inéluctable le changement en Syrie. L’UE, qui a déjà pris des sanctions contre plusieurs personnalités du régime, dont le président Bachar el-Assad, pourrait décider cette semaine d’un nouveau train de mesures en marge d’un sommet européen à Bruxelles.