Syrie: référendum controversé sur la Constitution, 26 morts dans la violence
Les Syriens étaient appelés dimanche à voter par référendum sur une nouvelle Constitution, un scrutin raillé par l’opposition et l’Occident au moment où le régime accentuait sa répression sanglante de la révolte dans de nombreuses villes assiégées.
Au moins 26 personnes, en majorité des civils, ont péri dans les violences, principalement à Homs, bastion de la contestation sous le feu du régime, où la Croix-Rouge internationale a repris les négociations avec l’opposition et les autorités pour évacuer des blessés, dont deux journalistes occidentaux.
Les bureaux de vote pour le référendum sur une nouvelle Constitution, qui maintient de larges prérogatives au chef de l’Etat tout en supprimant l’article 8 sur la prééminence au parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle, ont ouvert à 07H00 (05H00 GMT), selon les médias officiels.
Plus de 14 millions de Syriens étaient appelés à se prononcer sur le texte instaurant notamment le “pluralisme politique”. L’opposition et les militants pro-démocratie, qui exigent le départ du président Bachar al-Assad, ont appelé à boycotter le référendum qualifié de “plaisanterie” par Washington.
Dans la nouvelle Constitution, le président choisit le Premier ministre, indépendamment de la majorité parlementaire, et peut dans certains cas rejeter des lois. L’article 88 prévoit deux septennats présidentiels mais l’article 155 précise que cela s’appliquera à partir de la prochaine présidentielle prévue en 2014, ce qui permet en théorie à M. Assad de rester au pouvoir encore 16 ans. “Pour une Syrie propre”, est-il écrit au dessus d’une photo montrant une main jetant à la poubelle un portrait de M. Assad et un bulletin de vote de la nouvelle Constitution.
La crédibilité du régime est ternie, chaque annonce de réformes ayant été suivie d’une intensification de la répression qui a fait plus de 7.600 morts en 11 mois selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Les négociations sur l’évacuation des blessés et le transfert des dépouilles “ont repris ce matin avec la ferme volonté d’aboutir”, a affirmé un diplomate occidental en poste à Damas. Samedi, près de douze heures de discussions n’avaient pas abouti.
Les violences, dans lesquelles 10 soldats ont péri dans des affrontements avec les militaires dissidents, ont touché plusieurs villes dont Deraa (sud), Deir Ezzor (est), Idleb (nord-ouest) et Hama (centre).