Syrie: une majorité en train de se dessiner à l'ONU pour condamner la répression
Une majorité de voix est « en train de se dessiner » à l'ONU pour condamner la répression de la révolte en Syrie, a déclaré mardi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, en précisant qu'une menace de veto de Moscou et Pékin sur un texte existait toujours.
A l’ONU, « nous sommes encore menacés d’un veto russe et d’un veto chinois. Il semble qu’une majorité de neuf voix est en train de se dessiner en ce moment même », a déclaré le ministre devant l’Assemblée nationale française, en rejetant toute critique sur l’attitude de la France face à la répression en Syrie. « Nous ne sommes pas seuls ». « Pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter le veto d’un membre permanent et ensuite réunir neuf voix. Nous nous battons avec nos amis britanniques depuis des jours, voire des semaines pour arriver à ce résultat », a-t-il précisé.
Des discussions ont eu lieu encore cette nuit entre membres du Conseil de sécurité, a indiqué Alain Juppé. « Nous ne pratiquons pas une politique de deux poids et deux mesures. Nous avons soutenu partout la grande aspiration des peuples à la démocratie et à la liberté et nous le faisons s’agissant de la Syrie sans aucune espèce d’ambiguïté », a aussi souligné le ministre. Il a rappelé que la France avait « incité le président Bachar al-Assad à engager un programme de réformes pour tenir compte des aspirations de son peuple ». « Il ne nous a pas écoutés. Nous avons donc émis une condamnation sans appel de l’utilisation de la violence récurrente et sanglante », a-t-il réitéré.
Revenant sur les sanctions de l’Union européenne contre 13 personnalités syriennes, Alain Juppé a reconnu que la France n’avait « pas réussi à faire en sorte que sur cette liste figure le nom du président syrien ». « Nous ne renonçons pas, nous continuons à agir dans ce sens malgré les réticences pour ne pas dire l’opposition de certains de nos partenaires », a-t-il dit, sans les citer.
Deux soldats syriens pris en charge par l’armée libanaise
Deux soldats syriens enfuis au Liban dimanche sont pris en charge par l’armée libanaise, qui a également recueilli la dépouille d’un troisième militaire, a indiqué mardi un militant des droits de l’Homme, un notable local affirmant qu’ils souhaitaient regagner leur pays. Interrogée sur la question, l’armée a affirmé qu’elle ne disposait d’aucune information sur le sujet.
Trois soldats syriens se sont enfuis au Liban dimanche et l’un d’eux est mort en route avant de pénétrer sur le territoire libanais, a déclaré Nabil al-Halabi, directeur de l’Institution libanaise pour la démocratie et les droits de l’Homme.