Tunisie: nouvelles condamnations après la profanation de lieux religieux
Le ministère tunisien des Affaires religieuses et le parti islamiste Ennahda ont dénoncé lundi la profanation du Coran et des mosquées, appelant les autorités à prendre des mesures “urgentes” pour affronter ces “actes irresponsables”.
“Les actes commis sont des crimes inadmissibles et une atteinte flagrante à l’identité du pays, à la foi du peuple tunisien et à ses valeurs sacrées” a précisé le ministère dans un communiqué. Il a appelé les Tunisiens à les “considérer comme des actes isolés et à les traiter sans exagération ou dramatisation, sans pour autant minimiser leur ampleur”.
Le ministère a annoncé aussi que le 23 mars serait instituée “la journée nationale du Saint Coran”.
Ennahda a dénoncé de son côté “des actes horribles qui suscitent l’émoi et la condamnation de tout le peuple tunisien” appelant le gouvernement à “prendre des mesures urgentes pour affronter de tels actes irresponsables”.
“Nous appelons le peuple tunisien à être vigilant et à ne pas tomber dans le piège de ces provocations et ces agressions qui visent à porter atteinte à l’union nationale (..) afin de le détourner à la concrétisation des objectifs de la révolution”, a ajouté Ennahda qui domine l’Assemblée nationale constituante avec 89 élus sur un total de 217 membres.
Des corans avaient été retrouvés déchirés jeudi dans des mosquées de Ben Guerdane, ville du sud tunisien frontalière avec la Libye, et des oeufs jetés sur les murs. A Tunis, l’étoile de David avait été taguée sur les murs de la mosquée El Fath, d’où partent souvent les manifestations organisées le vendredi par la mouvance salafiste.
La présidence tunisienne a exprimé dimanche sa “consternation” et a mis en garde contre “des tentatives de semer la discorde et diviser la société”.
Le Parti démocrate progressiste (PDP, opposition), a condamné “le ciblage de lieux saints dans une tentative désespérée d’instiller la sédition dans la communauté nationale”.