UMA: Ces 12 points résument l’acharnement de Marzouki contre l’Algérie
L’ancien président tunisien Moncef Marzouki qui s’en est pris, il y a quelques jours, à l’Algérie en lui incombant la responsabilité du gel qu’a connu l’Union maghrébine depuis sa création a fait fi de nombreuses réalités qui prouvent que l’Algérie n’y est pour rien dans cette situation que traverse l’UM.
Dans un papier d’analyse publié dans ses colonnes, le journal francophone “Le Soir d’Algérie” a mis l’exergue sur 12 preuves historiques affirmant que l’ancien locataire du Carthage se trompe de “coupable” et “fait fausse route” en dissimulant le rôle évident du royaume du Maroc qui a fait que l’Union du Maghreb arabe se trouve dans cette situation.
1- Le 20 décembre 1995, Abdellatif Filali, Premier ministre marocain et ministre des Affaires étrangères de l’époque, saisit le secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et ses homologues maghrébins, pour annoncer le gel de la participation de son pays dans les institutions de l’Union.
2- Le motif invoqué par Rabat est une lettre envoyée par le ministre algérien des Affaires étrangères d’alors, le regretté Salah Dembri, au président du Conseil de sécurité de l’ONU, en date du 6 décembre 1995 dans laquelle il évoque la situation au Sahara occidental dont la position algérienne est connue avant même la création de l’Union maghrébine.
3- En juin 2000, Mohammed VI a déclaré au magazine américain Time ce qui suit: «Je refuse de prendre part à une réunion de l’Union du Maghreb arabe où les dirigeants, moi compris, entraient en compétition à qui parlera le plus fort.»
4- Le 7 novembre 2002, lors de la formation du premier gouvernement depuis l’accession du roi Mohammed VI au trône (juillet 1999) et présidé par Driss Jettou, on a noté que le poste de ministre délégué chargé des Affaires maghrébines a disparu de la composition du nouveau cabinet. Une entorse à l’article 09 du traité instituant l’UMA. Cet acte laisse transparaître le degré de l’adhésion du Maroc à la grande idée d’un Maghreb arabe intégré.
5- L’Algérie a ratifié 29 textes d’accords de coopération signés par les pays membres de l’UMA sur 37 tandis que Rabat s’est contenté d’en ratifier 9.
6- Le Maroc est le seul pays d’Afrique à remettre en cause, lors de la création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), en septembre 1963, l’article 3 du paragraphe 3 de la Charte de l’OUA) stipulant que les frontières héritées du colonialisme ne doivent pas être remises en cause afin d’assurer la stabilité des pays africains ainsi que la conférence de Helsinki de 1975.
7- Malgré de moult négociations et interventions de chefs d’État, Hassan II a soumis son adhésion à l’OUA en septembre 1963, à la réserve suivante: «Le gouvernement de Sa Majesté n’entend renoncer d’aucune façon à ses droits légitimes dans la réalisation pacifique de l’intégrité territoriale du royaume dans ses frontières authentiques.»
8- Le roi Hassan II clamait que son pays a été «démembré» et qu’il va falloir le «remembrer».
9- La notion de «frontières authentiques» renvoie à une carte de 1956, élaborée par le parti Istiqlal qui définit les contours géographiques du «Grand Maroc» qui comporte le territoire du Sahara occidental, des parties des territoires mauritaniens, maliens et sénégalais.
10- Sans exception, les cinq Constitutions du royaume (1962-1972-1992-1996-2011), y compris celle adoptée en 2011, reprennent la formulation d’un même article: «Le roi garantit l’indépendance de la nation et l’intégrité territoriale du royaume dans ses frontières authentiques.»
11- La Chambre des conseillers (chambre haute du Parlement marocain) a créé une «Commission des Affaires étrangères, de la Défense, des Frontières et des Zones marocaines occupées», pour entretenir l’idée des revendications territoriales du pays mais les présides de “Ceuta” et “Melilla” n’y sont pas concernés.
12- N’est-ce pas la récusation du principe de «l’intangibilité des frontières héritées par le Maroc en septembre 1963 qui a justifié l’agression, contre l’Algérie, en octobre 1963, l’occupation actuelle du territoire sahraoui depuis 1975 et les perpétuelles menaces contre la Mauritanie?