Une handicapée a passé 10 jours de Ramadhan dans une église
Le professeur et président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem), Mustapha Khiati a mis en garde contre l’exploitation des personnes aux besoins spécifiques à des fins politiques.
Le professeur Khiati a insisté sur l’absence de protection de cette frange vulnérable de la société, elle est exposée à des activités d’institutions internationales suspectes et d’autres qui exercent sous le couvert d’association œuvrant au « service de l’humanité » et fait allusion aux activités des centres de protection des enfants nés sous « x ».
Le nombre d’ handicapés qui est en contradiction entre les chiffres lancés par le gouvernement et ceux donnés par le mouvement associatif, laisse à d’autres parties œuvrer à les exploiter à de multiples fins.
A ce sujet, le président de la Forem a déclaré à Echorouk que « la campagne électorale serait une opportunité aux différents partis politiques de manipuler les handicapés pour atteindre leur objectif électoral, au moment où les parties concernées qui ne consacrent mensuellement que 3000 DA pour chaque handicapé.
Parmi les signes d’abandon manifestés à l’égard de cette frange vulnérable de la société, figure, selon le professeur, l’absence de chiffres exacts sur leur nombre, dont des associations lancent le chiffre de 4 millions d’handicapés, tandis que le gouvernement donne le chiffre de moins d’un million et demi d’ handicapés.
L’interlocuteur s’interroge également sur la non-inclusion de cette frange de la société dans les statistiques de 2010, qu’il considère comme les premières du genre après l’Indépendance.
Cependant, il n’écarte pas la possibilité que certains handicapés ne soient exploités par certains organismes étrangers travaillant dans le cadre de l’humanitaire, en insistant sur l’activité de certaines ambassades étrangères en Algérie qui subventionnent certaines activités suspectes d’associations activant dans le soutien des enfants nés sous « x ».
De son côté, la présidente de l’association « Amel », d’Alger, Melle Hizia Rezig, a affirmé que plusieurs formations politiques trouvent dans cette catégorie vulnérable de la société une bonne carte à jouer dans les échéances électorales, contre des promesses sans lendemain.
« C’est de l’exploitation car les partis politiques considèrent l’ handicapé comme un être humain de deuxième degré », a-t-elle ajouté.
Elle a affirmé que la non prise en charge des handicapés, a exposé ces derniers à d’éventuelles exploitations par des parties locales et étrangères suspectes.
La présidente de l’association « Amel » est revenue sur la nécessité de revoir la pension accordée aux handicapés à prendre en charge les enfants handicapés et à assurer leur droit à la scolarisation, où d’ailleurs de nombreux établissements refusent de les admettre.
Elle a appelé à accorder aux handicapés leur droit à un logement et a appelé au respect de la convention internationale de la protection des droits des handicapés.
Force est de souligner qu’un femme, Djamila B., handicapée à 80%, était venue de l’une des wilayas du Centre à la moitié du mois de Ramadhan pour se faire soigner à Alger, où elle n’avait trouvé où se loger que dans une église de la capitale.
Dans une déclaration à Echorouk, elle a ajouté être prise en charge durant dix jours dans ladite église qui lui a offert les repas du F’tour et du S’hour sans qu’elle ne soit incitée à se convertir au christianisme tout au long de son séjour. Néanmoins, elle met l’accent sur la nécessité de protéger l’ handicapé, de crainte qu’il ne soit exploité par des inconnus.