Yémen : appels à des manifestations vendredi
Des milliers de combattants tribaux ont tenté de marcher jeudi sur Sanaa pour prendre part aux affrontements entre les partisans de leur chef et ceux du président contesté Ali Abdallah Saleh, qui a jeté de nouvelles forces dans cette bataille ayant fait 63 morts en deux jours.
- Dans le même temps, des appels à manifester vendredi ont été lancés par les deux camps, notamment à Sanaa et à Taëz, grande ville du sud-ouest où un sit-in permanent a été dispersé lundi par les forces de l’ordre au prix d’une cinquantaine de morts.
- Pour la troisième nuit consécutive, des affrontements violents ont fait rage entre les hommes de cheikh Ahmar et les forces du président dans le quartier d’Al-Hassaba, dans le nord de Sanaa.
- M. Saleh a jeté dans la bataille ses “forces spéciales”, bien entraînées et formées à la lutte antiterroriste, selon des témoins.
- D’après des sources hospitalières, seize personnes dont une fillette de sept ans ont été tuées avant l’aube, ce qui porte à 63 morts le bilan de deux jours de combats à Sanaa. La majorité des morts sont des combattants des deux bords.
- Les combats dans ce quartier situé à une dizaine de kilomètres de l’aéroport international de Sanaa ont provoqué la suspension des vols alors que certains étaient déroutés sur Aden (sud), selon des sources aéroportuaires.
- Le mouvement d’exode des habitants de la capitale, privée d’eau, où l’électricité est rationnée et l’essence commence à manquer, s’est accentué.
- La contestation populaire lancée en janvier contre Saleh, au pouvoir depuis 33 ans et qui refuse de démissionner malgré les pressions internationales, avait gardé un caractère pacifique jusqu’au 23 mai. Mais à partir de cette date, la révolte a connu un tournant avec des combats armés meurtriers à Sanaa.
- Au plan politique, le gouvernement a vaguement évoqué la possibilité de faire aboutir la médiation du Golfe proposant à Saleh, qui refuse jusqu’ici de l’accepter, de quitter le pouvoir.