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Yémen : nouvelles défections au sein de l'armée

Yémen : nouvelles défections au sein de l'armée

Des heurts ont opposé par intermittence samedi à Sanaa des hommes armés tribaux aux forces du chef de l'État Ali Abdallah Saleh, blessé la veille dans un bombardement du Palais présidentiel et confronté à de nouvelles défections au sein de l'armée.


Le commandant de la 33e division blindée de l’armée yéménite, le général Jebrane Yahia al-Hachedi, a annoncé samedi son ralliement au mouvement de contestation contre le président Ali Abdallah Saleh, selon une source militaire. La 33e division est en charge d’une vaste région du sud-ouest du Yémen incluant Bab al-Mandeb, un détroit à l’entrée de la mer Rouge et un lien stratégique entre l’océan Indien et la Méditerranée, notamment pour le passage des pétroliers. Le général Hachedi a annoncé à Taëz, au sud-ouest de Sanaa, sa défection après avoir rappelé, sous la pression d’un groupe de ses officiers et soldats, des troupes envoyées ces deux derniers jours dans le centre de Taëz pour réprimer des protestations hostiles au régime, a indiqué la source militaire. De même source, on ajoute que les officiers et les soldats ont proclamé leur refus d’obtempérer aux ordres leur demandant de tirer sur les protestataires à Taëz, où un sit-in de protestation sur la Place de la Liberté avait été démantelé le 29 mai par la force au prix de plus de 50 morts. Les militaires ont en outre expulsé un officier de la 33e division blindée, le général Ahmed Handhal, qui a refusé de faire défection, selon la même source. Le 33e division, dont la défection fait suite à celle en mars dans le nord de la première division blindée dirigée par le général Ali Mohsen, contrôle tout le sud-ouest du Yémen, incluant Bab al-Mandeb, les régions côtières du sud de la mer Rouge et d’une partie du Golfe d’Aden.

D’autre part, le Premier ministre yéménite, Ali Moujawar, et quatre autres responsables, les chefs du Parlement, Yahia al-Raï, et du Conseil consultatif, Abdel Aziz Abdel Ghani, les vice-Premiers ministres Sadek Amin Abou Ras et Rached Mohammed al-Alimi, blessés dans le bombardement d’une mosquée du palais au moment de la grande prière du vendredi, ont été transportés en Arabie saoudite pour des soins, selon l’agence officielle Saba. Mais l’état de Saleh, « légèrement blessé à la tête » lors du bombardement qui a coûté la vie à sept officiers, est « stable » et « n’inspire pas d’inquiétude », a affirmé une source médicale. Il a été soigné à l’hôpital militaire de Sanaa.  Saleh a assuré être bien portant dans un message audio diffusé vendredi soir par la télévision d’État. Il a accusé son rival Sadek al-Ahmar, le plus puissant des chefs tribaux, du pilonnage, appelant « les forces armées à nettoyer les institutions de l’État de ces gangs rebelles de hors-la-loi ». Les hommes de cheikh Al-Ahmar sont engagés depuis le 23 mai dans des combats violents à Sanaa contre les forces fidèles au chef de l’État, qui ont fait des dizaines de morts et marqué un tournant dans le mouvement de contestation populaire, lancé en janvier, et resté jusqu’alors pacifique. L’attaque du Palais présidentiel a été suivie du bombardement de résidences de membres du camp al-Ahmar dans un quartier du sud de la capitale, non loin du palais. Dix personnes ont été tuées et 35 blessées, a-t-on appris auprès du bureau de Hamid al-Ahmar, frère du chef tribal. Samedi, un civil a été tué et plusieurs autres blessés dans des échanges de tirs qui se sont poursuivis par intermittence à Al-Hassaba, un quartier du nord de Sanaa, qui a été secoué pour la cinquième nuit consécutive par de violents accrochages aux obus et roquettes, selon des témoins et des sources médicales. Des habitants, effrayés par la persistance des violences, continuaient à fuir al-Hassaba, où se trouve la résidence de cheikh Sadek al-Ahmar, et les quartiers avoisinants, privés d’eau et affectés par des coupures d’électricité. A Taëz (sud-ouest), la Garde républicaine, corps d’élite de l’armée resté fidèle à M. Saleh, a bombardé la Place de la Liberté, brièvement reprise vendredi par les protestataires, selon des témoins.

 

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