Ziari : « Le système parlementaire est dangereux pour le pays »
Le système semi-présidentiel est le plus compatible avec notre pays actuellement. Le système parlementaire pourrait être dangereux vu qu’il place le pouvoir entre les mains du Premier ministre, élu par les Assemblées élues., estime le président de l'Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari.
Echorouk : certains observateurs estiment que les salaires des députés est l’une des faces de la corruption. Il n’est un secret pour personne que les salaires des députés sont faramineux.
Abdelaziz Ziari : je vais m’éloigner du populisme et je dis franchement que les salaires des députés, des ministres et des directeurs des grandes entreprises quoiqu’ils soient élevés mais ce sont leurs droits légitimes. Personne n’a le droit de les priver de ce droit. Pour ceux qui parlent d’acheter les voix des députés pour faire de l’opposition au gouvernement, je dis clairement que les députés ne touchent pas d’argent pour entrer dans un ring et de s’opposer au gouvernement. Il est à préciser par ailleurs que les salaires actuels des députés leurs suffisent et s’ils demandent des augmentations, leurs demandes seront refusées à l’heure actuelle, ils devraient mener leurs mission législative et de contrôle.
Echorouk : les rebelles libyens ont accusé l’Algérie d’avoir transporté des mercenaires en Libye et de soutenir le régime de Mouammar Kadhafi, pourquoi le Parlement n’a pas réagi à ces accusations ?
Abdelaziz Ziari : la situation en Libye est très grave et le pays est au bord d’une guerre civile. Ce qu’endure le peuple libyen est très grave, ainsi nous devons le soutenir. La position officielle de notre pays est connue et l’Algérie ne s’ingère pas dans les affaires internes de la Libye et nous ne soutenons pas une partie au détriment d’une autre. Si deux ou trois Algériens furent arrêtés en Libye, cela n’a rien à voir avec la position officielle de notre pays. Le message des rebelles est clair : exercer de la pression sur l’Algérie en proférant des accusations infondées sur elle. Le but de cette campagne est clair : soutenir les rebelles. Mais nous refusons de répondre à ces personnes là.
Echorouk : un très grand nombre de députés ne se présentent pas lors des séances plénières de l’APN, ainsi plusieurs séances ont été reportées vu que le quorum n’est pas atteint, ceci n’est-il pas une indifférence envers le peuple qu’ils doivent représenter ?
Abdelaziz Ziari : tout à fait. Il faut agir rapidement contre ces comportements. D’ailleurs j’ai discuté de ce grand problème avec les chefs des groupes parlementaires. Les partis politiques doivent prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ces absences répétitives aux séances plénières de l’APN. Ce comportement est inacceptable et des sanctions politiques seront imposées aux députés. En plus de cela des retraits sur salaires seront pratiqués pour mettre un terme à ces comportements irresponsables. Les députés et les partis politiques devront préserver la réputation de l’APN, car il n’est secret pour personne que l’absentéisme a terni la réputation de l’APN a porté un coup dur à sa crédibilité.
Echorouk : vu que vous être président de l’APN, sans doute vous préférez le système parlementaire que le présidentiel. Un mot sur ce point là.
Abdelaziz Ziari : ni le système parlementaire ni le système présidentiel ne sont compatibles avec le système algérien. Nous avons un caractère républicain. Je classe notre système actuel dans la case du système semi-présidentiel. Je pense que ce système (semi-présidentiel) est le plus compatible à notre pays actuellement. Le système parlementaire pourrait être dangereux vu qu’il mettra le pouvoir entre les mains du Premier ministre élu par les Assemblées élues. Et je vous assure que le système parlementaire représentera un véritable danger dans notre pays dans 30 à 40 ans parce que la carte politique actuelle conduira notre pays à un système basé sur le régionalisme et le tribalisme, et moi personnellement je refuse ce système. Quoique je devrais défendre le système vu qu’il me donne plus de pouvoir que le président de la République, toutefois je refuse de jouer avec l’avenir du pays.