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Syrie: tension aux frontières libanaise et turque

AP/Madjid D.
 

Le conflit sanglant en Syrie a débordé lundi aux frontières du pays, avec la mort d'un caméraman au Liban et cinq blessés dans un camp de réfugiés en Turquie, touchés par des tirs en provenance du territoire syrien voisin.

Ces nouvelles violences surviennent à la veille de la date prévue pour la mise en oeuvre, mardi, du plan Annan de sortie de crise en Syrie. Mais ce programme semble quasiment enterré par le revirement du régime syrien, qui a annoncé dimanche son refus de retirer ses forces déployées dans les centres urbains sans "garanties écrites" de l'insurrection. L'Armée syrienne libre (ALS) a immédiatement rejeté cette exigence.

Dans le nord du Liban, un journaliste libanais a été tué lundi par des tirs en provenance de la localité syrienne d'Armouta de l'autre côté de la frontière, selon des responsables des services de sécurité. Ali Shabaan, caméraman de la chaîne de télévision Al Jadid, a été tué d'une balle dans la poitrine alors qu'il filmait dans le secteur de Wadi Khaled (nord du Liban). Le journaliste âgé de 32 ans est décédé lors de son transport à l'hôpital.

D'après son confrère, le reporter Hussein Khreis, l'équipe de tournage a été prise sous des tirs nourris provenant de tous les côtés. "Ca tombait comme la pluie", a-t-il témoigné. Ali Shabaan, a-t-il ajouté, a été touché à l'intérieur d'une voiture, "complètement détruite par les balles". On ne disposait pas de plus amples informations sur l'origine des tirs.

Auparavant lundi, des tirs des forces syriennes ont fait cinq blessés dans un camp de réfugiés à Kilis (sud-ouest de la Turquie). D'après les autorités locales, les cinq blessés sont trois Syriens, un policier et un traducteur turcs. Un responsable du gouvernement turc a précisé qu'Ankara a immédiatement convoqué le chargé d'affaires syrien et exigé l'arrêt des tirs.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme basé à Londres, qui cite des sources sur le terrain, les accrochages ont débuté lundi avant l'aube quand des insurgés ont attaqué des soldats syriens près de la frontière turque, tuant six militaires. Les forces syriennes se sont lancées à la poursuite d'insurgés blessés qui se sont enfuis vers le camp de Kilis, en territoire turc, ajoute l'OSDL.

C'est la première attaque de ce type depuis que des milliers de réfugiés turcs ont commencé à affluer en Turquie l'été dernier. D'après des estimations d'Ankara, quelque 24.000 réfugiés, dont plusieurs centaines de déserteurs de l'armée syrienne, se trouvent aujourd'hui en Turquie.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, doit se rendre mardi après-midi dans un des camps de réfugiés de la province de Hatay, près de la Syrie, selon le ministère turc des Affaires étrangères. "La visite d'une heure d'Annan demain (mardi) est cruciale, il se rendra lui-même compte de la situation", a commenté le vice-ministre des Affaires étrangères Naci Koru. Quant au plan de sortie de crise de M. Annan, il apparaît désormais "nul et non avenu" en raison de l'attitude de Damas, a observé M. Koru.

Ce plan prévoyait notamment un cessez-le-feu des forces syriennes et leur retrait des centres urbains, une trêve de tous les combats deux heures par jour pour évacuer les blessés et fournir une aide humanitaire, ainsi que l'ouverture de pourparlers entre toutes les parties pour chercher une solution politique.

Le texte, initialement accepté par Damas, est resté lettre morte, le régime amplifiant au contraire ses offensives et la répression qui ont fait plus de 9.000 morts en un an, selon les estimations de l'ONU. Damas, depuis dimanche, réclame des insurgés -qualifiés de "groupes terroristes armés"- des "garanties écrites" de ce qu'ils sont prêts à "déposer les armes" et "cesser les violences sous toutes ses formes".

Les insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL), s'ils se disent prêts à accepter le plan Annan, ont refusé catégoriquement les exigences de Damas. Ils ne reconnaissent pas le régime du président Bachar el-Assad et n'ont dès lors "aucune garantie" à lui fournir, a fait valoir le commandant de l'Armée syrienne libre, le colonel Riad el-Asaad.


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