Ahmed Djaballah: «Attention aux libertés individuelles en France pour cause de sécurité nationale !»
Le directeur de l’Institut européen des sciences humaines de Paris et président du Conseil théologique de France, Dr. Ahmed Djaballah, a averti que la France doit protéger les libertés de ses citoyens en appliquant les nouvelles mesures sécuritaires au nom de la «sécurité nationale» dans la prochaine modification de la Constitution.
Il a ajouté que c’est une équation difficile, mais il est nécessaire de tenir compte de l’équilibre, en référence à cette modification.
Dans une interview qu’il nous a accordée, il a souligné qu’après les attentats de Paris, les réactions contre les musulmans restent limitées, refusant de parler d’hostilité, car la communauté française, à son avis, a su faire le distinguo entre les comportements et les actions des terroristes et les musulmans qui ne l’acceptent pas et qu’ils n’y trouvent aucune justification.
En ajoutant que les musulmans d’Europe et de France jouissent de toutes les libertés de culte, en vertu de leurs lois.
Mais le Dr Djaballah n’ignore pas de la nécessité que la France doit revoir sa politique étrangère dans le traitement des tensions et les enjeux mondiaux afin de garantir les droits des peuples.
L’ancien vice-président de l’Union des organisations islamiques en Europe a déclaré que les nouveaux terroristes se recrutent plus facilement quand les conditions s’y prêtent.
C’est l’échec de la politique d’intégration des musulmans par la marginalisation dans l’éducation, le travail, l’orientation sociale et familiale… qui favorise ces recrutements.
Indépendamment des lectures qui ont été abordés par les analystes pour de tels événements, nous ne pouvons pas trouver de justification à ces derniers actes terroristes, qui ont fait plus de victimes que ceux de janvier dernier.
Et que ceux qui se livrent à ces actes de terrorisme ne constitue pas une analyse de la réalité de leurs pays et de leurs positions, mais ils répondent à des motifs de vengeance personnelle pour semer le chaos et troubler l’ordre établi.
Mais les musulmans de France font partie de la société française, ils ne sont pas un corps étranger, ils sont nés en France à travers les générations successives, ils ne doivent pas être stigmatisés et doivent vivre et pratiquer leur foi dans le cadre de la loi et le respect du pluralisme cultuel.
Mais force doit revenir à la loi, de nouvelles mesures sécuritaires sont en préparation dans le cadre d’un projet de loi amendant la Constitution et nous pensons que le souci sécuritaire ne doit pas faire oublier la garantie des libertés individuelles de tout un chacun.
D’ailleurs, le ministère de la Justice est là pour garantir les droits de tous les citoyens français, y compris de confession musulmane, dans le respect des droits de l’homme, dont la France est pionnière.
Ainsi, tous les citoyens français, de toutes les confessions, sentant leurs droits protégés s’entraideront mutuellement dans un sentiment d’unité nationale entre toutes les catégories du peuple français, surtout les musulmans qui ont exprimé à travers leurs organisations, leur position claire en condamnant la violence et le terrorisme, et ne pas oublier qu’un certain nombre de victimes qui ont été tuées dans ces actes terroristes sont des musulmans, car les terroristes ne distinguent pas entre musulmans et non-musulmans.
Pour ce faire, les autorités françaises doivent travailler avec les organisations islamiques dans le cadre d’une coopération fructueuse et de confiance mutuelle pour fortifier la communauté et le maintien de la sécurité et de la stabilité et que les musulmans en France sont invités à redoubler d’efforts afin de s’engager davantage dans la communauté, de contribuer au bien public, d’éduquer convenablement leurs enfants dans le respect des lois de la République.