Après la découverte d’une montre d’espionnage, Zitouni ordonne l’exécution des moines de Tibhirine
Le dernier contact entre la France et le GIA dans l’affaire des moines de Tibhirine remonte aux moments où les deux parties se sont mises d’accord pour qu’un officier supérieur de l’armée française rencontre l’émir national du GIA, Djamal Zitouni. Ce dernier est le premier responsable dans l’assassinat des 7 moines.
Après le tapage médiatique qu’a soulevé la première partie du livre « le GIA vu de l’intérieur » de son auteur qui n’est autre qu’un membre du Groupe islamique armé (GIA), Abdelhakim Abou Chaima, la deuxième partie qui sera publiée par Echorouk prochainement. sera consacrée à l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996. Pour rappel, la première partie du livre a jeté toute la lumière sur l’assassinat de Cheikh Bouslimani. La deuxième partie de ce livre dévoilera pour la première fois les détails de la mort des moines de Tibhirine. L’auteur du livre a été un des proches de l’émir national du GIA, le sanguinaire Djamal Zitouni, premier responsable dans l’assassinat des moines. Ce témoignage intervient au lendemain de la campagne médiatique menée par certains medias français qui accusent l’armée algérienne et ses services de renseignement d’être derrière l’assassinat des sept moines de Tibhirine. Le GIA à la période de Djamal Zitouni a déclaré la guerre à la France pour qu’elle mette un terme à son soutien au régime algérien.
Les moines soignaient les éléments du GIA?
Il y avait 15 moines à Tibhirine dans la wilaya de Médéa à quelques 180 km au sud d’Alger. Selon l’auteur du livre, ces moines soignaient secrètement les éléments de la katibat de Kasr el Boukhari dirigée par Younes Atia, alias « El Khen ». Ainsi, ce dernier leur a fait un engagement de ne pas leur faire du mal. Cependant le sanguinaire Djamal Zitouni qui était à l’époque émir national du GIA a donné l’ordre au terroriste Baghdadi, émir d’une des katibat du GIA activant à Médéa, de kidnapper les moines de Tibhirine. Ainsi, Zitouni n’a pas respecté l’engagement fait par El Khen aux moines et n’a pas pris en considération le fait que les moines soignaient les éléments du GIA blessés. Baghdadi et ses éléments se sont rendus de nuit au lieu de résidence des moines à Tibhirine. Les terroristes ne savaient pas apparemment que les moines étaient divisés en deux groupes et qu’ils passaient la nuit dans deux lieux différents. Baghdadi et ses acolytes se sont rendus au lieu de résidence du premier groupe composé de sept (7) moines âgées. Ces derniers n’ont pas résisté. Ils ne savaient pas ce qui les attendait vu qu’ils avaient l’habitude de rencontrer El Khen et ses éléments. C’est ainsi que le deuxième groupe a échappé à une mort certaine. Les terroristes ont rassuré les moines en leur disant qu’ils ne leur feront pas de mal et les ont ainsi conduit au centre de commandement du GIA dans la région montagneuse de Bouguera, plus précisément dans la région appelée « Tala Djen » où se trouvait Djamal Zitouni.
L’ambassadeur de France reçoit l’envoyé du GIA dans son bureau
Le GIA a assuré aux moines qu’il les utilise comme une « carte » pour exercer de la pression sur la France. Il a enregistré une cassette audio dans laquelle les moines disaient qu’ils ont été kidnappés par le GIA. Par la suite, Djamal Zitouni a chargé un élément du GIA de la remettre aux responsables de l’ambassade de France à Alger. L’envoyé de Zitouni s’était rendu à l’ambassade de France, s’est présenté en tant qu’élément du GIA envoyé par l’émir national. Selon l’auteur du livre, il a été reçu par l’ambassadeur de France lui-même dans son bureau. Lors de cette rencontre, le messager a informé l’ambassadeur des conditions du GIA pour libérer les moines, notamment l’arrêt du soutien de la France au régime algérien et la libération des prisonniers du GIA détenus dans les prisons françaises. Des négociations secrètes ont été ainsi engagées entre le GIA et la France qui a accordé une très grande importance à l’affaire des moines.
La montre à l’origine de la mort des moines de Tibhirine
Le dernier contact entre la France et le GIA dans l’affaire des moines remonte aux moments où les deux parties se sont mises d’accord pour qu’un officier supérieur de l’armée française rencontre l’émir national du GIA, Djamal Zitouni, au centre du groupe terroriste situé à « Tala Djen » dans les montagnes des Bouguera. Le général français chargé de la communication à l’ambassade de France s’était rendu au lieu du rendez-vous. Lors de cette rencontre, les éléments du GIA ont découvert que la montre que portait l’officier français était utilisée pour les espionner, plus précisément pour la localisation des lieux. On la lui a prise et on l’a endommagé. Le GIA a en outre décidé d’arrêter les négociations. Par la suite, le sanguinaire Djamal Zitouni a ordonné d’exécuter les 7 moines. Ils ont été sauvagement égorgés. Leurs têtes ont été séparées de leur corps. Ces derniers ont été enterrés alors que les têtes ont été mises dans des sacs que les criminels ont jetés au bord d’une route non loin de la ville de Médéa.
L’armée lance une offensive contre le Quartier Général du GIA
L’officier français est apparemment la cause directe de l’assassinat des 7 moines de Tibhirine. Pour s’en laver les mains, il a prétendu que l’armée algérienne a tué « par erreur » les moines lors des bombardements aériens du fief du GIA ou étaient détenus les moines. Ces informations sont infondées. En effet, il faut préciser qu’après le kidnapping des moines de Tibhirine, l’armée algérienne a envoyé des avions de reconnaissance qui ont survolé les montagnes de Chréa, celles de Médéa et celles de Ouezra. Par la suite, un groupe de commandos a été envoyé aux montagnes de Ouezra où il y avait eu un accrochage avec les terroristes du GIA. Mais à ce moment là, les moines étaient déjà loin. Par la suite, l’armée algérienne nationale a pu localiser le lieu où étaient détenus les moines dans les montagnes de Tala Djen. Mais les moines ont été déjà exécutés par les criminels du GIA. L’armée a lancé une offensive d’envergure et a pu détruire le QG de Djamal Zitouni qui a pris la fuite. Ce dernier voulait déplacer son centre de commandement des montagnes de Bouguera vers celles de Chréa. Cependant sur son chemin, il a été tué par les acolytes de Ali Ben Hadjer, l’émir national d’un groupe islamique armé sorti du GIA.