Attentat avorté contre le président de la république, Abdelaziz Bouteflika : peine capitale pour l'accusé principal
Le principal des 12 accusés dans l'attentat-suicide visant le président Abdelaziz Bouteflika le 6 septembre 2007 à Batna, a été condamné à la peine capitale, et ses compagnons à des peines de 3 à 15 ans de prison.
Après de longues plaidoiries, le représentant du ministère public a requis la peine maximal pour tous les impliqués dans l’attentat suicide visant le président Abdelaziz Bouteflika le 6 septembre 2007 à Batna. Djamal Boulgroun a considéré que ce dangereux acte vise à déstabiliser la sécurité du pays et de la société. Dans ce contexte, il a rappelé que tous les accusés ont reconnu les faits, et qualifié d’infondées les nouvelles déclarations des accusés. L’accusé principal condamné à mort, Walide Zeghina, 28 ans, est un repenti qui avait bénéficié du programme de réconciliation nationale en 2006. Il a été reconnu coupable d’homicide volontaire et tentative d’homicide volontaire ainsi que de possession d’explosifs sans autorisation dans un lieu public. La seconde peine la plus sévère, 15 ans de prison ferme, a été prononcée par le juge du tribunal de Batna contre Mohamed Lamine Dib, un chauffeur de taxi clandestin qui avait transporté le kamikaze et l’accusé principal. Un autre membre du réseau, Hicham Amara, a également écopé de 15 ans pour avoir préparé l’acte. Deux accusés ont été condamnés à quatre ans de prison, quatre autres à trois ans pour avoir été tous reconnus coupable de dissimulation d’informations et non dénonciation de crime. Imad Khaldi, mineur au moment des faits, a été condamné à cinq ans pour les mêmes chefs d’accusation que Zeghina mais a bénéficié du fait de sa jeunesse de circonstances atténuantes. Un autre a été relaxé, un mineur au moment des faits et qui avait déjà fait 18 mois de prison, a comparu mercredi comme témoin. L’attentat avait été commandité par l’émir (chef) de la « Katibet el-Maout » (la phalange de la mort) d’Ali Mehira Ali, dit Abou Rawaha. Le kamikaze s’apprêtait à se faire exploser devant le cortège du président Bouteflika alors en visite à Batna, mais la vigilance des forces de sécurité quelques minutes avant l’arrivée du cortège présidentiel l’en a empêché. Le Kamikaze s’est fait quand même exploser au milieu d’une foule compacte, après que l’agent de police ait tenté de le maîtriser, ce qui a provoqué la mort de ce dernier et de 24 civils. 172 personnes ont été blessées à des degrés divers. La Cour criminelle de la Wilaya de Batna, à 430 km de l’Est d’Alger, avait commencé mercredi dernier le procès des 63 accusés, dont 12 en état d’arrestation, pour implication dans la tentative d’assassinat avortée d’Abdelaziz Bouteflika, le 6 septembre 2007.