Béjaïa: des violences empêchent la tenue du meeting de Sellal
Des dizaines de manifestants bédjaouis ont empêché Abdelmalek Sellal d’animer un meeting de campagne au profit du candidat Abdelaziz Bouteflika, la place devant la Maison de la culture de Béjaïa s’est transformée en un champ de bataille entre les manifestants et les forces de l’ordre qui n’ont pas pu maîtriser la situation. Les journalistes ont été pris en otages à l’intérieur de la salle pendant plus de trois heures et quatre confrères d’Ennahar ont été victimes de violences alors qu’un véhicule appartenant à la Télévision nationale a été incendié. Abdelmalek Sellal a commenté ces événements en disant «que Dieu leur montre la bonne voie» mais il a affirmé que le meeting qu’il doit animer à Tizi Ouzou est maintenu.
Le directeur de campagne du président-candidat a accusé trois parties: ce qu’il a appelé les résidus du FIS, Benflis et le MAK (le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) présidé par Ferhat Mehenni.
Hier matin, une atmosphère suspecte régnait aux alentours de la Maison de la culture de Béjaïa ne portant pas bonne augure, des dizaines de manifestants étaient postés aux alentours portant des slogan hostiles au quatrième mandat : «non au quatrième mandat» , «Bouteflika dégage» d’autres criaient «chiatines, chiatines (lèche-bottes )», «Bouteflika barra (dégage ) ,Sellal barra». Devant cette situation critique, des forces anti-émeutes ont été dépêchées sur place.
Au fil du temps les manifestants ont commencé à devenir violents, à chaque fois qu’une personne pénétrait à l‘intérieur de la salle elle était prise à partie et traitée de « chiat (lèche-bottes)», la situation s’est envenimée lorsque la manif’ s’est transformée en émeute et les émeutiers ont commencé à jeter des projectiles en fer et en verre sur les gens qui étaient à l’intérieur, à ce moment, pris de panique tous ceux qui étaient à l’intérieur de la salle ont voulu sortir et la place de la Maison de la culture a été prise d’assaut par les manifestants… Les policiers ont été complètement dépassés ce qui a conduit les organisateurs à fermer les portes de la Maison de la culture avec des chaînes pour la sécuriser, les policiers ont formé un barrage pour empêcher les manifestants de pénétrer à l’intérieur.
Les choses ont dégénéré lorsque les manifestants sont devenus beaucoup plus nombreux et plus violents jetant des blocs de pierre sur les forces de police qui ont dû user de gaz lacrymogènes pour les disperser. Selon les sources d’Echorouk, le wali de Béjaïa, Mohamed Hamou Touhami a refusé de renforcer le nombre de policiers qui étaient insuffisants pour éviter que la situation ne dégénère et a demandé de traiter cette situation avec beaucoup de prudence. Résultat des courses: plusieurs journalistes blessés, un véhicule de la télévision publique incendié et plusieurs policiers blessés dont un grièvement.
Les journalistes ont été bloqués à l’intérieur de la salle pendant plus de trois heures avant que les forces de police n’usent de fourgons blindés pour les transporter à l’aéroport, sur place, Abdelmalek Sellal sur le point de quitter Béjaïa pour se rendre à Alger a déclaré à la presse que le meeting a été annulé pour des raisons de sécurité en ajoutant “Vous avez vu de vos propres yeux ce qui s’est passé et ce qu’est la démocratie pour certains”. Confirmant qu’il allait animer son meeting à Tizi-Ouzou.
La direction de campagne de Bouteflika accuse Barakat, le MAK et les anti-quatrième mandat
La direction de campagne du président-candidat Abdelaziz Bouteflika a officiellement accusé Barakat et le MAK ainsi que les boycotteurs d’être derrière les émeutes qui ont fait annuler le meeting d’Abdelmalek Sellal à Béjaïa. La direction a déclaré dans un communiqué dont nous tenons une copie que «Abdelmalek Sellal a décidé d’annuler le meeting qui était programmé à Béjaïa à cause des attroupements violents et haineux qui ont encerclé la Maison de la culture» qualifiant la décision de Sellal de sage épargnant aux habitants de Béjaïa des scènes de violence.