Bouchachi: « Les enquêtes sur les candidats est une provocation qui porte atteinte à la crédibilité des législatives »
La participation du FFS aux élections législatives est un choix stratégique. En décidant de participer à ces élections, le parti veut sauver l’Algérie et non pas le pouvoir en place. Le FFS a toujours été dans l’opposition et n’a jamais mené des contacts avec le pouvoir. Les services de sécurité n’ont pas le droit de mener des enquêtes sur les candidats. Cette procédure n’est pas conforme à la loi et elle est perçue comme une forme de provocation indirecte des candidats. C’est entre autres ce qu’a indiqué à Echorouk le candidat du Front des forces socialistes (FFS) à Alger pour les prochaines élections législatives, Mustapha Bouchachi.
Echorouk : vous êtes tête de liste du FFS à Alger pour les prochaines élections législatives devant d’anciens militants de ce parti, comment et pourquoi avez-vous été choisi ? Sur quels critères ?
Bouchachi : des « frères » du FFS m’ont contacté et m’ont convaincu que le militantisme et le combat peuvent être menés par différentes manières, y compris à l’Assemblée populaire nationale (APN). En outre, ma candidature avec le FFS s’appuie sur ma ferme conviction que les principes pour lesquels j’ai toujours milité sont conformes à ceux du FFS, notamment le volet lié à la réalisation de la démocratie, l’équité sociale, et l’indépendance de la justice. C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé d’être candidat au sein du FFS.
Echorouk : vous avez décidé de participer aux prochaines élections législatives, cela signifie-t-il que vous ne croyez plus au changement à travers la rue ?
Bouchachi : la lutte et le combat pour le changement doivent être pacifiques. Ce combat peut être mené de différentes manières. Les institutions publiques peuvent être des espaces et des opportunités pour mener le changement pacifique qui garantie la dignité et la liberté des citoyens.
Echorouk : après une rupture de 15 ans, le FFS a décidé de participer aux prochaines élections législatives, êtes-vous d’accord avec les parties qui prétendent que cette participation vient suite à un accord conclu entre le FFS et le pouvoir ?
Bouchachi : la participation du FFS aux élections législatives est un choix stratégique. Comme l’a bien souligné le président du parti, Hocine Aït Ahmed, cette participation est une tactique stratégique qui vise à bâtir une alternative démocratique. En plus de cela, en décidant de participer à ces élections, le parti veut sauver l’Algérie et non pas le pouvoir en place. Le FFS a toujours été dans l’opposition depuis sa création, et nous ne rabaissons dans le but de conclure des accords avec le régime. Le parti n’a jamais mené des contacts ni des consultations avec le pouvoir parce qu’il a toujours lutté pour la démocratie. Ainsi, le FFS n’était jamais entré dans les magouilles politiciennes, en témoigne le parcours exemplaire de Aït Ahmed. Par ailleurs, la participation aux législatives ne vise pas à obtenir des sièges au Parlement, mais vise à redonner une dynamique à l’activité politique pacifique du FFS.
Echorouk : pensez-vous que les garanties données par le pouvoir suffiront pour assurer des élections législatives transparentes ?
Bouchachi : le pouvoir a toujours beaucoup parlé de la transparence avant chaque échéance électorale, toutefois, les anciennes expériences ont prouvé le contraire. C’est-à-dire absence de transparence lors des rendez-vous électoraux. Vu tout ce qui se passe dans la région (Révolutions arabes), j’espère que le pouvoir assurera cette fois-ci des élections transparentes. Nous demandons aux autorités plus de dialogue, plus d’ouverture, d’aller vers le changement revendiqué et vers plus de liberté d’expression dans notre pays.
Echorouk : avez-vous un commentaire à faire sur les enquêtes menées sur les candidats par les services de sécurité ?
Bouchachi : la loi a bien défini les conditions nécessaires pour être candidats aux élections. Elle a également défini les documents nécessaires pour cela. Ainsi, les services de sécurité n’ont pas le droit de mener des enquêtes et des interrogatoires sur les candidats en prévision des élections législatives prévues le 10 mai prochain. Cette procédure est « hors-la-loi » et elle est perçue comme une forme de provocation indirecte des candidats. Une telle procédure risque de porter atteinte à la transparence des élections législatives et elle est digne des agissements de la police politique.