Cris des réfugiés africains: «Vous ne nous poussez pas vers la mort»
«Nous avons fui la persécution, la famine et les guerres dans nos pays…Nous avons ramené nos enfants, nos femmes à la recherche de la sécurité. Nous vivons en paix aux côtés des Algériens. Nous avons trouvé dans votre pays la générosité, la tranquillité…Nous n’avons nulle part où aller. Le retour dans nos pays signifie un retour vers la mort… ». C’est en ces mots que des réfugiés africains ont répondu -à travers notre quotidien- aux appels réclamant l’expulsion des réfugiés africains.
Echorouk a interrogé de nombreux migrants africains – la peur au ventre- après la campagne lancée sur les réseaux sociaux en faveur de leur expulsion. Des appels vite transformés en actes de violence dans certaines wilayas du pays.
En se livrant à la mendicité dans les rues, les réfugiés justifient leur acte par manque d’opportunités de travail.
Interrogés sur les raisons de leur venue en Algérie, nombreux sont ceux ayant répondu avoir fui la famine, la pauvreté, persécution, la tyrannie, les guerres et le despotisme…Agés de 16 à 25 ans, ces réfugiés originaires pour la plupart du Niger et du Mali tentent de susciter la sympathie des citoyens algériens.
Regroupés en petites communautés sous les ponts, dans les chantiers de construction, ils sont unanimes à affirmer qu’ils vivent en paix en Algérie et que les agressions et le vol n’étaient pas dans leurs habitudes.
Lors d’une tournée dans la capitale, nous avons rencontré des migrants nigériens -non loin de la station métro à Hai El Badr- qui nous ont confié qu’ils travaillent dans des chantiers de constructions pour 1.000 à 2.000 da la journée.
Le plus âgé d’entre eux, un jeune homme de 25 ans nous a révélé avoir quitté sa ville au Niger pour l’Algérie à cause de la famine et de la pauvreté générée par les conflits opposants divers tribus.
Questionné sur leur réaction quant aux appels lancés sur facebook pour leur rapatriement, notre interlocuteur a dit «préférer mourir en Algérie que de revenir dans leur pays déchiré par les guerres et les conflits, dont des tribus décimés entièrement…».
Non loin de Hai El Badr, nous avons également interrogé des réfugiés nigériens ayant monté une grande tente sous un pont reliant Baraki à Baba Ali.
Ils nous ont affirmé être de confession musulmane et disent préférer plutôt de travailler que de tendre la main.
«Nous sommes des pacifistes. Nous nous considérons comme des invités chez vous et nous n’avons pas droit d’agresser ou de voler les Algériens. L’Algérie est le pays qui nous a accueillis et offert la chance de vivre et d’être en sécurité», témoignent-ils.