Des altercations dans les coulisses du 14e sommet de l’UA
Le 14e sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) a connu des altercations entre les délégations du Maroc, du Sahara Occidental ainsi que de certains pays du continent et le Commissaire à la paix et la sécurité de l’Union.
« Le ministre marocain -chargé de la coopération africaine Mohcine Jazouli- a prononcé lors de toutes ses interventions au sommet le nom du Sahara Occidental », a indiqué lundi la militante sahraouie Nanna Labat Rachid sur son compte facebook. Un nom que les officiels marocains n’utilisent jamais pour désigner la République sahraouie.
La militante sahraouie a ajouté que le ministre marocain s’est attaqué au Commissaire à la paix et la sécurité de l’Union Smaïl Chergui.
« Tous les pays africains ayant ouvert des consulats à Laayoune, affirme Nanna Labat Rachid, ne se sont pas acquittés de leurs obligations financières envers l’Union. Du coup, ils ont été empêchés d’intervenir lors du sommet notamment le Sénégal. Par conséquent, le Maroc a perdu des voix soutenant sa position ».
Pour elle, « les dirigeants marocains auraient dû –du moins- s’acquitter des obligations financières de ses alliés au lieu d’y ouvrir des consulats ».
La question sahraouie réinscrite à l’agenda du Conseil de paix et de sécurité de l’UA
Le sommet a été sanctionné par une recommandation portant prorogation de l’initiative “Faire taire les armes” pour dix autres années et la réinscription de la question du Sahara occidental à l’agenda du Conseil de paix et de sécurité de l’UA après l’approbation du projet de décision présenté par le Lesotho.
La décision jette la lumière sur les derniers développements survenus en République sahraouie suite à l’agression marocaine et intervient pour mettre un terme aux tentatives du Maroc d’écarter l’organisation africaine des efforts visant à trouver une solution au conflit au Sahara occidental qui puisse garantir au peuple sahraoui son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.
Elle « demande au Conseil paix et sécurité de l’UA conformément aux dispositions pertinentes de son protocole d’engager les deux parties, tous les deux membres de l’Union africaine, de remédier à la situation (sur le terrain) en vue de préparer les conditions pour un nouveau cessez-le-feu et de parvenir à une solution durable au conflit qui prévoit l’autodétermination au Sahara occidental ».
Cette solution doit être aussi « conforme aux décisions et résolutions pertinentes de l’Union africaine et de l’ONU ainsi qu’objectifs et principes de l’acte constitutif de l’UA », qui -il y a lieu de rappeler- insiste sur le strict respect du principe d’intangibilité des frontières héritées à la colonisation.
Le président en exercice de l’UA et président de la République de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa a affirmé que « la résolution de la question sahraouie passe par le respect du droit de son peuple à l’autodétermination », exprimant la profonde préoccupation du continent africain face à la situation qui prévaut au Sahara occidental.