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Egypte: un manifestant tué dans des heurts, à 48 heures des législatives

Egypte: un manifestant tué dans des heurts, à 48 heures des législatives

Un manifestant hostile au pouvoir militaire contesté en Egypte a été tué samedi dans des heurts avec la police, à 48 heures des premières élections depuis la chute de Hosni Moubarak, faisant craindre un regain de violences durant le scrutin.

Le jeune homme de 19 ans a été tué tôt samedi lorsque la police  anti-émeutes a attaqué à coup de grenades lacrymogènes des manifestants qui ont  campé toute la nuit devant le siège du gouvernement pour protester contre la  nomination d’un nouveau Premier ministre par l’armée.

Celle-ci est encore occupée par des milliers de manifestants réclamant sans  relâche le départ du pouvoir du Conseil suprême des forces armées (CSFA),  accusé de vouloir maintenir sa mainmise sur les affaires du pays et de  perpétuer la politique de répression de Moubarak, chassé du pouvoir en février  après 30 ans de règne.

Vendredi, le CSFA a nommé Kamal el-Ganzouri, 78 ans, comme nouveau Premier  ministre en remplacement d’Essam Charaf, qui a démissionné sous la pression de  la rue. Mais le choix de cet ancien chef du gouvernement sous Hosni Moubarak a  immédiatement été rejeté par la foule à Tahrir.

“Dégage!”, “Ganzouri est un vestige” de l’ancien régime, “Révolution!”  scandaient les manifestants.

M. Ganzouri a émis l’espoir de former son gouvernement “avant la fin de la  semaine prochaine”, appelant à attribuer des portefeuilles à des jeunes, mais  les jeunes anti-militaires ont répliqué en proposant leur propre liste de noms  pour un gouvernement de “salut national”.

Ils ont notamment proposé Mohamed ElBaradei, ancien directeur de l’Agence  internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour diriger ce gouvernement. M.  ElBaradei, qui devrait être candidat à la présidentielle, a été acclamé par la  foule à Tahrir vendredi.

Au centre de la place, le “village de tentes” a grossi depuis samedi  dernier, la foule se rassemblant quotidiennement pour clamer “A bas Tantaoui!”,  en référence au maréchal Hussein Tantaoui, chef du CSFA et chef d’Etat de fait.”On a beaucoup patienté, maintenant il y a une crise de confiance”, a  expliqué  Hazem Diab, 26 ans, employé dans l’informatique.

Mais la rue est plus que jamais divisée. Face aux contestataires de la  place Tahrir, d’autres Egyptiens réclament un retour à la stabilité et à la  relance de l’économie, plongée dans un marasme profond depuis le soulèvement du  début de l’année.

Le maréchal Tantaoui a annoncé mardi une présidentielle avant fin juin, qui  permettra à l’armée de remettre le pouvoir exécutif à un chef d’Etat élu, mais  les manifestants estiment cette annonce insuffisante.

La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton a demandé samedi que les  violences cessent en Egypte et que la primauté du droit soit maintenue avant le  début du vote lundi, au lendemain d’un appel de Washington à un “transfert  complet de pouvoir à un gouvernement civil”.

Plus de 100.000 Egyptiens de l’étranger, privés du droit de vote sous le  régime Moubarak, ont déjà voté dans le cadre des législatives étalées sur trois  tours et pour lesquelles quelque 40 millions d’électeurs sont appelés à voter,  a annoncé le gouvernement.

 

 

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