Enlèvements: les troupes kényanes progressent dans le Sud somalien
L'armée kényane s'est un peu plus enfoncée dans le Sud somalien, lundi 17 octobre, pour y combattre les shebab, les insurgés islamistes, accusés par Nairobi d'être derrière les récents enlèvements de ressortissantes étrangères sur son territoire.
Un colonel somalien, Janwaase Mahdi, a précisé que ses soldats progressaient également en direction d’Afmadow, près d’une base des shebab touchée par des frappes aériennes, dimanche. “Nous avançons vers Afmadow, puis vers les districts de Kulbiyow et de Badhaadhe. Nous repoussons les shebab”, a-t-il dit. Des éléments armés des insurgés ont pris la direction d’Afmadow afin de s’opposer à l’avancée des troupes kényanes et somaliennes. “La totalité des combattants et de leurs véhicules stationnés à Kismayo ont pris la route vers Afmadow”, a dit Ismail Aden, un habitant de Kismayo, ville à 120 km au sud d’Afmadow.
“RESPONSABLES”
Dimanche, le porte-parole du gouvernement kényan, Alfred Matua, avait annoncé l’entrée de militaires kényans en Somalie, pour “y poursuivre les shebab, que nous tenons pour responsables des rapts et attaques dans notre pays”.
L’opération kényane intervient après l’enlèvement jeudi de deux employées espagnoles de Médecins sans frontières (MSF), Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, dans les camps de réfugiés de Dadaab, dans l’est du Kenya et à une centaine de kilomètres la frontière somalienne.
Dadaab, le plus grand complexe de camps de réfugiés au monde, abrite quelque 450 000 personnes, essentiellement des Somaliens qui fuient la sécheresse et les violences dans leur pays. La Somalie est en état de guerre civile depuis vingt ans, à la suite de la chute du président Mohamed Siad Barre. L’enlèvement des Espagnoles est le troisième dans l’est du Kenya en un mois : avant elles, la Britannique Judith Tebbutt et la Française Marie Dedieu ont été enlevées sur le très touristique archipel de Lamu, avant d’être emmenées en Somalie voisine, comme, selon la police kényane, les Espagnoles. Nairobi accuse les shebab d’être derrière tous ces rapts, mais aucun d’entre eux n’a jusqu’ici été publiquement revendiqués.