Flambée du prix de la sardine : le ministre s’explique
Les prix des différentes espèces de poisson ont connu ces derniers mois des augmentations vertigineuses. La sardine qui est l’espèce la moins chère sur le marché national et la plus consommée par les Algériens est cédée à pas moins de 700 DA le kilo dans certaines régions du pays.
La part du citoyen algérien en poisson a été sensiblement revue à la baisse ces dernières années. Selon les chiffres à notre disposition, l’Algérien consomme une moyenne de 2,4 kg de poissons par année, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé une moyenne de 5,6 kg de poissons/an pour chaque personne. Interrogés, plusieurs marchands de poissons ont indiqué à Echorouk que les citoyens n’achètent plus comme avant la sardine à cause de la flambée vertigineuse de son prix. En effet, le prix de la sardine varie entre 250 et 300 DA/kg au niveau des marchés des villes côtières et entre 600 et 800 DA dans les wilayas intérieures du pays.
Interrogé sur la flambée des prix du poisson, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Abdallah Khanafou, a attribué cela à la baisse importante des prises en poissons, notamment de la sardine. Selon lui, il y a de moins en moins de poissons dans les eaux territoriales nationales. Ainsi, le ministre dément les thèses selon lesquelles l’envolée des prix du poisson serait due à la spéculation. « La baisse des prises de pêcheurs n’est pas due au manque de moyens de nos pêcheurs, mais à la baisse de cette richesse au niveau des eaux territoriales nationales ces quatre (4) dernières années », a expliqué Khanafou. « Le problème de la diminution de la richesse de poisson n’est pas spécifique à notre pays, mais touche plusieurs pays du bassin méditerranéen », a-t-il ajouté tout en expliquant que les organisations mondiales spécialisées dans la pêche ont mené des études dans ce sens pour déterminer la diminution de cette richesse. Ses études ont montré, selon lui, que la pollution et le changement climatique sont les principales causes de cette diminution inquiétante.
Pour sa part le président du Comité national des marins-pêcheurs (Cnmp), Hocine Bellout, a expliqué que le poisson, notamment la sardine qui est l’espèce la plus consommée dans notre pays, passe par plusieurs intermédiaires avant d’arriver aux consommateurs, ce qui explique sa flambée. Selon lui, chacun des intermédiaires prend une marge bénéficiaire avant de revendre le poisson. Ainsi de main en main le prix de cet aliment riche en protéines flambe systématiquement. D’autre part notre interlocuteur a soulevé un autre problème, à savoir le manque de contrôle sur la commercialisation du poisson. Sans le dire explicitement, il a reconnu la prévalence de l’anarchie dans ce secteur très important. Il n’est un secret pour personne que dans notre pays, la viande rouge n’est pas à la portée des ménages à faible et à moyen revenus. Le poisson était donc l’aliment de substitution. Mais à son prix actuel de 500 DA le kg, même la sardine devient progressivement un luxe.