Foncier : des terres agricoles transformées en zones d’habitation
Les services de sécurité ont ouvert une enquête au niveau de 17 communes de la Capitale, Alger, sur plusieurs coopératives agricoles qui ont été transformées illégalement en des groupes d’habitations collectifs et en villas.
Certains élus dans ces communes ont été impliqués dans le détournement de ces coopératives de leurs vocations initiales, à savoir l’agriculture. En effet, d’anciens et d’actuels cadres ainsi que des fonctionnaires administratifs ont utilisé des certificats de possession et des décisions de transfert falsifiés, dont Echorouk a obtenu quelques copies. Selon les informations qui nous sont parvenues, cette enquête menée par les services de sécurité dans certaines communes à l’instar de Staouéli, Birkhadem, Bouzaréah, Baraki, Eucalyptus et de Sidi Moussa a été diligentée lorsque des rapports bien détaillés ont dévoilé une série d’opérations de transfert de coopératives agricoles en des biens privés et collectifs au niveau de neuf (9) daïras à Alger. D’après les chiffres obtenus par Echorouk, les services de sécurité auraient enregistré pas moins de 180 violations commises dans ces daïras pour constructions illicites, 66 infractions pour abandon de terrains, 90 pour transfert des terres de leurs vocations initiales (agriculture), 20 pour cession illégale de terres ainsi que 60 autres infractions pour divers délits, comme la location de terres agricoles. L’une des décisions falsifiées dont Echorouk a obtenu une copie, concernant le projet de réalisation de 600 logements sociaux participatifs (LSP) au niveau de l’une de ces coopératives sise dans une commune, dont on ne citera pas le nom ici, a révélé des contradictions et des dépassements dans le contenu de ces décisions. D’ailleurs, de nombreux agriculteurs n’ont pas soufflé mot, car une décision falsifiée stipule que l’Etat récupère ces terrains en vue de réaliser un projet de 600 logements LSP, comme l’atteste l’article 1 de la décision en vertu de la fiche technique de ce projet du 5 novembre 2006 établie par la direction de l’habitat. Cependant l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) a envoyé une correspondance à l’un des bénéficiaires dont son nom figure sur la liste établie à Blida, l’appelant à constituer un dossier dans le cadre de la réalisation d’un projet de 400 logements dans la même coopérative où devrait être réalisé le projet des 600 logements. Ceci a mis les deux projets à réaliser devant une impasse. Cette affaire s’est produite à l’aide d’une paraphe et du cachet du wali d’Alger déjà utilisés dans des documents officiels mais pour des raisons qui n’ont aucun lien avec la décision précitée, et qui ont été donc scannés et apposés sur la décision. Les mêmes sources ont ajouté que l’enquête, que les services de sécurité ont ouvert, concerne certaines parties exerçant au sein des services annexes de la Conservation des forets jugées complices pour avoir exploité ces décisions falsifiées pour délivrer des autorisations de transgression sur des terrains en déracinant des arbres fruitiers et des terres irriguées. Dans ce contexte, les services de la Présidence, du gouvernement et du wali d’Alger avaient reçu un rapport de 36 pages bien détaillé, exposant la dégradation de la situation de l’immobilier agricole de Birkhadem. Ceci est dû suite à la transgression de terrains agricoles inclus dans des coopératives collectives transformées en lieu d’habitation commise par des personnes très influentes et par l’appui d’anciens et d’actuels élus. Ce phénomène demeure toujours non condamnable ni par des décisions prises par les autorités compétentes, ni par des directives du wali. Selon nos sources, qui nous indiquent que le droit de jouissance a été retiré à 140 coopératives agricoles parmi les 450 coopératives soumises à des enquêtes. Enfin, on affirme que 50% des propriétaires de coopératives sont poursuivis en justice.