France: Sarkozy juge Hollande indigne d'être président
Le président Nicolas Sarkozy, candidat à sa propre succession, a estimé dimanche que son adversaire socialiste François Hollande n’était “pas digne” d’être président. Il lui a reproché de vouloir “s’accaparer l’Etat”, mais aussi de rejeter le nouveau traité européen.
“Quand on parle et qu’on agit contre une partie de la France, on n’est pas digne d’être le président du peuple de France”, a lancé le chef de l’Etat lors d’un meeting géant à Villepinte (Seine-Saint-Denis). François Hollande avait estimé le mois dernier que certains hauts fonctionnaires, notamment dans la police et la magistrature, étaient trop proches de l’équipe Sarkozy.
“Vouloir exclure des postes de responsabilité de la Fonction publique ceux que l’on désigne à l’avance comme ses adversaires pour n’y nommer que les membres de son clan, vouloir s’accaparer l’Etat, c’est l’exact contraire de ce qu’a voulu le général de Gaulle avec l’élection du président de la République au suffrage universel”, a sermonné M. Sarkozy.
“Il est essentiel que le président de la République ait la sagesse, ait la sagesse, de ne pas s’entourer de ses seuls partisans, de ne pas récompenser que ses seuls amis, de ne pas chercher à nommer que ceux qui ont toujours été ses affidés ou en accord avec lui”, a estimé le candidat UMP.
Nicolas Sarkozy a aussi reproché à son adversaire socialiste ses distances avec le récent traité qui, selon lui, a sauvé l’euro et l’Europe.
“Honte à ceux qui, au nom d’intérêts partisans, n’ont pas eu le courage de voter en faveur du nouveau traité européen”, a-t-il lancé, tandis que la foule huait le PS. “Refusent-ils toujours les choix de la France au seul motif qu’il leur faudrait être contre le président de la République? Renier à ce point son idéal européen, c’est simplement indigne”.
Le 19 février, François Hollande avait expliqué qu’il ferait le ménage dans l'”Etat UMP” que Nicolas Sarkozy a, selon lui, installé au ministère de l’Intérieur et dans la magistrature. “Ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres”, déclarait-il sur BFM-TV.
Faisant allusion aux mises en examen du patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini et du procureur de Nanterre Philippe Courroye, poursuivis dans l’affaire dite des fadettes, le candidat socialiste à l’Elysée avait promis de “remettre l’Etat républicain à sa place”.
“Aucun de ceux qui aujourd’hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n’ont à s’inquiéter. Mais en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres”, avait-il averti.
François Hollande a par ailleurs expliqué qu’il comptait renégocier le nouveau traité européen afin qu’il ne se limite pas à des disciplines budgétaires mais comporte aussi un volet croissance.