Hariri: un procès par défaut, sans les accusés
Un procès sans les membres du Hezbollah accusés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri devrait être “un dernier recours et non un premier choix”, a assuré vendredi l'accusation, lors d'une audience devant le Tribunal spécial pour le Liban.
“Le procès par défaut devrait être un dernier recours et non un premier choix”, a déclaré Iain Morley, un représentant du bureau du procureur, aux juges du TSL qui siège à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye.
“Nous n’avons pas atteint le stade où tous les recours pour effectuer les arrestations ont été épuisés”, a affirmé Morley, proposant que la question de l’opportunité d’un procès par défaut, qu’il juge “prématuré”, soit à nouveau posée dans trois mois.
Le TSL est chargé de juger les responsables de l’attentat à la camionnette piégée au cours duquel l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri avait été tué le 14 février 2005, avec 22 autres personnes, dont l’auteur de l’attentat-suicide.
Selon l’accusation, quatre membres du Hezbollah sont impliqués dans cet attentat. Ils font l’objet de mandats d’arrêt du TSL transmis le 30 juin aux autorités libanaises et de notices rouges d’Interpol.
Le TSL, qui a ouvert ses portes le 1er mars 2009, est le premier tribunal pénal international permettant la tenue de procès par défaut.A la différence du procès par contumace, le procès par défaut prévoit que l’accusé soit représenté devant le tribunal par un avocat.
Le Hezbollah, majoritaire avec ses alliés au sein du gouvernement libanais et qui accuse le TSL d’être le fruit d’un complot “israélo-américain” visant à le détruire, a exclu l’arrestation des quatre suspects.