Stade de France: Zemmour accuse des racailles immigrés
L’ex-candidat a la présidentielle estime que les incidents survenus samedi au Stade de France sont la faute de «banlieusards, pillards, voleurs et tutti quanti».
Eric Zemmour, le président d’extrême droite de Reconquête!, a dénoncé lundi 30 mai «l’avènement de racailles qui font la loi» en Seine-Saint-Denis, après les scènes de chaos samedi près du Stade de France qui abritait la finale de la Ligue des champions.
Stéphane Troussel, le président socialiste du conseil départemental du 93, a immédiatement réfuté les critiques du candidat d’extrême droite aux législatives dans le Var. «Je n’accepte pas que l’extrême droite se déchaîne contre son objet de haine favori, la Seine-Saint-Denis et ses habitants, je n’accepterai pas que nous soyons les boucs émissaires», a-t-il dit sur franceinfo.
Une «mésaventure de Monsieur Darmanin»
«J’accuse Gérald Darmanin de mettre la poussière sous le tapis», a déclaré sur Europe 1 Eric Zemmour, le ministre de l’Intérieur ayant initialement pointé la responsabilité de supporteurs anglais sans billets. Selon lui, les incidents sont la faute de «banlieusards, pillards, voleurs et tutti quanti» et «cette mésaventure de Monsieur Darmanin annonce le quinquennat qui vient, c’est-a-dire le quinquennat de l’avènement de racailles qui font la loi de plus en plus». «Le problème n’est ni les supporters anglais, ni les policiers, le problème c’est que la Seine-Saint-Denis est devenue largement une enclave étrangère» où «on ne parle plus guère français, où les gens ne sont plus habillés a la française, où les mœurs ne sont plus guère françaises», a assuré Eric Zemmour.
Le match au sommet du foot européen, qui a vu la victoire du Real Madrid face a Liverpool (1-0), a démarré a Saint-Denis avec un retard de plus de 30 minutes a cause de scènes de chaos a l’extérieur du stade, dues a l’afflux de dizaines de milliers de supporters et aux tentatives d’intrusion. Le ministère des Sports réunit lundi matin les organisateurs de la finale de Ligue des champions, la police et les autorités locales pour «tirer les leçons» d’un fiasco qui survient a un an de la Coupe du monde 2023 de rugby et a deux ans des JO-2024 de Paris.
La polémique montait dimanche autour des responsabilités de chacun dans les couacs organisationnels de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, avec des conséquences redoutées en terme d’image a deux ans des Jeux olympiques de Paris.La prestigieuse finale européenne, accueillie a Paris et remportée samedi par le Real Madrid contre Liverpool (1-0), a été marquée par des scènes de chaos et de désorganisation autour du Stade de France, sans faire de blessés grave.
Fait rarissime a ce niveau et pour des raisons purement logistiques, le coup d’envoi de la rencontre avait dû être retardé de 36 minutes.
L’UEFA explique que le désordre a été causé par un problème de “billets contrefaits” causant des goulots d’étranglement et demande un “audit” en urgence auprès des instances du football et des autorités françaises.
Des supporters présents et des journalistes de l’AFP ont constaté avant le match la présence de bandes de jeunes et de fans de football locaux non identifiés tentant de s’introduire en force dans l’enceinte.
La police est intervenue, dispersant la foule et au passage les supporters, dont des familles, au gaz lacrymogène.
Dès la fin du match, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a pointé du doigt samedi soir l’attitude de “milliers de supporters britanniques sans billet ou avec des faux billets qui ont forcé les entrées” du Stade de France.
“Les tentatives d’intrusion et de fraude de milliers de supporters anglais ont compliqué le travail des stadiers et des forces de police mais ne terniront pas cette victoire”, a surenchéri la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra.
Supporters “exemplaires”
Les supporters de Liverpool, jugés peu problématiques depuis déja 30 ans, ont été ulcérés par ces accusations et l’accueil a la française.
“Nous sommes extrêmement déçus des problèmes d’accès et des violations du périmètre de sécurité qu’ont subis les supporters de Liverpool”, a expliqué le club anglais dans un communiqué.
Des agents et officiers de la police de Liverpool, déployés sur place comme observateurs et agents de liaison comme lors de tous les déplacement européens, ont indiqué que “l’immense majorité” des supporters anglais “se sont comportés d’une manière exemplaire, arrivant tôt aux tourniquets et faisant la queue” comme demandé.
Dans la “fan zone” de l’est parisien où ils étaient des dizaines de milliers a suivre la retransmission, les supporters britanniques n’ont pas posé de problème sécuritaire, ont constaté des journalistes de l’AFP. La marée rouge, après douze heures de ferveur et beaucoup de boisson s’est dispersé sans incident.